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L'Écho des Sputniks

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  1. On apprend à nos chiens à faire leurs besoins dehors, à nos chats à le faire dans une litière. Mais saviez-vous qu’il est possible d’apprendre la propreté à nos rats ? Voici quelques conseils. Avant toute chose, il faut garder en tête que tous les rats n’arriveront pas au même résultat. Tous ne sont pas propres à l’adoption, et c’est à prendre en compte si ce critère vous importe. C’est une compétence qui n’est pas innée et qui peut ne jamais être acquise par vos rats. Il s’agit d’un animal territorial qui a tendance à marquer son passage avec son urine, sur vous comme sur des endroits bien embêtants du type barreaux de la cage ! Il n’est pas vraiment possible d’apprendre aux rats à ne pas marquer. Une astuce pratique, toutefois : il existe des gants à chenilles (habituellement vendus pour l’entretien des voitures) qui, contrairement à l’éponge, ne partent pas en petits morceaux, et facilitent le nettoyage des barreaux. Premier conseil Observez vos petits compagnons. Au fil des jours, vous allez très certainement remarquer que votre troupe a choisi un endroit bien spécifique pour faire ses besoins. Vous voyez ce petit tas de fèces que vous devez chaque jour ramasser ? Bingo ! C’est l’endroit idéal pour placer votre / vos litières. L’idée est simple : prenez un bac assez grand pour qu’un rat tienne correctement dedans (un bac d’angle restant l’idéal mais pourquoi pas tout simplement un tupperware ou un panier en plastique assez grand, mais pas trop haut). Placez-y la litière, si possible différente du reste de la cage pour bien distinguer les différents espaces (par exemple utiliser des tapis sur les surfaces et de la litière végétale dans les bacs) et placez-y quelques crottes ramassées dans la cage. Si vous n’arrivez pas à déterminer d’emplacement particulier ou bien si vos rats ont tout simplement décidé de faire partout, placez plusieurs litières à différents endroits de votre cage. Stratégiquement, l’idéal serait d’en mettre une à chaque étage, toujours aux angles et surtout, près des dodos ! Parce qu’on les connaît, nos petits protégés : au réveil ils n’ont pas forcément envie de faire plus de quelques pas ! L’important reste vraiment de placer quelques déjections dans vos bacs à chaque changement de litière. Pourquoi ? Tout simplement pour les inciter à y aller, autrement dit pour qu’ils mémorisent que c’est ici qu’il faut faire leurs besoins. Ce premier conseil ne va pas toujours suffire à en faire des as de la propreté, c’est pourquoi nous vous proposons de perfectionner cette première technique. Toujours aussi simple, mais demandant du temps et de la disponibilité : ramasser au fur-et-à-mesure de la journée les fèces éparpillées un peu partout et les placer à chaque fois dans la litière. Le principe est à nouveau de leur montrer à quel endroit il faut aller faire leurs besoins, mais de manière plus systématique ! Evidemment, il faut penser à aussi placer des litières sur leur lieu de sortie. Voilà donc pour les crottes. Mais comment apprendre aux rats à faire leur miction dans la litière ? Le « Pee-rock » Une nouvelle technique semble porter ses fruits en matière d’apprentissage de propreté des rats : le “pee-rock”. Les nombreux témoignages nous apprennent que le résultat peut même être extrêmement rapide ! Le pee-rock... Qu’est-ce que ça peut bien être ? Ne vous inquiétez pas, si le nom peut paraître compliqué, c’est aussi simple à mettre en place que les techniques précédentes. Il s’agit de d’utiliser des pierres à la surface lisse ou légèrement rugueuse comme les pierres du commerce destinées à être dans l’eau, et si possible, poreuses. Un rat va marquer cette pierre qui retiendra l’odeur de son urine, entraînant ainsi les autres à y marquer à leur tour. Comment faire comprendre au rat que l’urine, ça va donc dans la litière ? En plaçant ces petites pierres magiques dans les bacs. Ainsi, même lorsque vous nettoierez la litière, ces pierres retiendront l’odeur d’urine de votre troupe. Certaines sources indiquent que le fait qu’ils aillent régulièrement marquer sur ces pierres permet qu’ils s’y vident la vessie, et réduit ainsi d’autant les pipis dans les hamacs ou, au réveil, directement sur le premier étage disponible. Avec un peu de temps, de patience - et de chance si l’un comprend plus vite que les autres et les entraîne à sa suite - vous arriverez peut-être à voir vos petits rats utiliser efficacement les litières. Enfin, ils seront toujours aussi aimés et choyés même s’ils restent cracras, n’est-ce pas ? Sources : ▶ http://understandingpetfancyrats.com/2016/12/13/rat-training-miracle-whatspee-rock-use/ ▶ http://understandingpetfancyrats.com/2015/10/01/rat-pee-how-often-do-ratsurinate-what-is-normal/ Textes et photos : Les Ratouphiles Associés
  2. Le rat et l’hindouisme Le temple Karni Mata A Deshnok, en Inde, se trouve un temple très particulier : le temple de Karni Mata, aussi connu comme « le temple des rats ». En effet, dans le temple se trouvent plus de 20 000 rats considérés comme sacrés appelés Kabbas, ce qui signifie enfants. C’est la seule communauté de rats diurnes identifiée dans le monde. Selon la mythologie hindoue, Karni Mata est une sage née en 1387 au sein de la communauté des Charan, une caste de bardes, conteurs et poètes. Elle est la réincarnation de la déesse Durga, épouse de Shiva le plus vénéré des dieux. La légende la plus répandue raconte que le beau-fils de Karni Mata serait mort noyé. Elle aurait alors supplié Yama, le dieu de la mort, de le ramener à la vie. Après avoir refusé, il finit par accepter sa requête, en le ressuscitant sous forme de rat. Il ne s’arrêta pas là : chaque Charan sera réincarné en rat après sa mort. Les fidèles considèrent ces rats comme des réincarnations de leurs ancêtres, ils les traitent ainsi comme leur propre famille. Intérieur du temple de Karni Mata à Deshnok Le temple de Karni Mata fut érigé en l’honneur de ces rats, réincarnations de poètes. Ils y vivent toujours aujourd’hui par milliers. Des descendants des Charan les servent jour et nuit et vivent en harmonie avec eux. La nourriture et les boissons goûtées par les rats sont considérées comme bénies. Leurs repas sont constitués d’offrandes des pèlerins souvent faites de lait, de graines, de sucreries et de noix de coco. Malheureusement, il arrive que les rats meurent d’un excès de nourriture sucrée qui les rend diabétiques. Rats (poètes, bardes et conteurs réincarnés) au temple de Karni Mata à Deshnok (Photo Abdel Sinoctou, licence Creative Commons) De nombreux visiteurs entrent dans ce temple chaque année. L’une des conditions pour le visiter est d’être pieds-nus, ce qui rebute souvent les touristes venus par curiosité. Il faut faire attention où on met les pieds ! Marcher sur un rat est passible d’une amende, et si par malheur l’un d’eux est tué, il doit être remplacé par une statue en or massif le représentant. Les rats sont habitués aux hommes et ne montrent ni peur ni agressivité, se baladant entre les pieds des fidèles et osant parfois leur grimper dessus. Il y a dans le temple quelques rats « blancs » qui sont très recherchés : ils seraient les manifestations de Karni Mata elle-même, les apercevoir est un privilège. Si on a la chance de les voir, il convient de leur offrir des confiseries. Autre fait étonnant, jamais un raton n’aurait été aperçu dans le temple. De plus, les rats sont protégés des prédateurs grâce à des filets tendus au-dessus du temple et la nourriture est abondante, mais la population ne s’accroît pas. Selon les Charan, les nouveaux rats apparaissent du jour au lendemain, déjà adultes. Ces rats sauvages restent à l’intérieur du temple, ne causant ainsi aucun dégât dans la ville de Deshnok et ses alentours. Jamais une maladie ne s’est répandue à cet endroit, malgré une grave épidémie de peste en 1927 qui a ravagé cette région de l’Inde : aucun de ces rats sacrés n’a été touché. Le Dieu Ganesh Très populaire en Inde, Ganesh est fils de Shiva et de Parvati. C’est le dieu du savoir et de la vertu. Parvati l’a conçu seule, lors d’une longue absence de Shiva parti méditer. Lorsque ce dernier rentra chez lui, il découvrit un enfant barrant l’entrée de sa maison pendant que Parvati prenait son bain. Se sentant insulté, il lui coupa la tête qui roula et fut introuvable. Lorsque Parvati sortit de son bain, elle expliqua tout à Shiva en lui demandant de ramener son fils à la vie. Il parti à la recherche d’un jeune être hors de la vue de sa mère. Le premier animal qu’il croisa correspondant à cette définition était un éléphanteau dont il coupa la tête pour remplacer celle de Ganesh. Il fut alors accepté par les dieux. Ganesh et sa monture le rat Une déesse lui servit un plat de gâteaux sucrés. Un rat, attiré par l’odeur, sorti de son trou. Il se mit à terroriser tout l’entourage de Ganesh. Ce dernier l’attrapa avec un lasso et en fit sa monture, son Vâhana. Ce rat est nommé Mûshika. Mûshika était à l’origine un musicien céleste. Un jour, il marcha par mégarde sur les pieds d’un Rishi (un sage hindou). Une malédiction le transforma en rat. Lorsque la colère du Rishi fut apaisée, il promit à Mûshika qu’un jour, les dieux s’inclineraient devant lui. Ce jour est arrivé lorsque Ganesh le choisit comme compagnon. Ce rat a un rôle symbolique très fort : Ganesh est le symbole de l’union entre humain et divin. D’un côté l’éléphant, le plus grand animal terrestre et de l’autre le rat, un tout petit mammifère. Ganesh sur Mûshika (illustration Birmane de 1906) Le Dieu Rat Il existe aussi un dieu rat dans la mythologie hindoue : le fils de Rudra. Il aurait le pouvoir d’apporter les maladies mais aussi de les guérir. Le rat au Japon et en Chine Abondance et nourriture Dans le Japon traditionnel, les rats sont les messagers de Daikoku, divinité du commerce, de la richesse et des échanges. Il est le dieu de l’abondance et fait partie des sept divinités du bonheur. Représenté au milieu de ballots de riz, des rats l’entourent signifiant qu’il y a assez à manger pour eux, donc aussi pour l’homme. De plus, il est dit qu’apercevoir un gros rat est un présage de richesse. Il est à noter qu’en Chinois et en Japonais, on utilise les mêmes termes pour « rat » et « souris » : il est donc difficile de les différencier dans les écrits. En Chine, c’est également le rat qui apporte le riz à l’homme. Il amènerait les cinq bonheurs : la longévité, l’opulence, la paix, la santé et la félicité. Il est parfois considéré comme l’animal de l’âme, grâce à son intelligence et à sa sociabilité. Le troisième jour du nouvel an chinois, un rite consiste à disposer des friandises (riz, pois, graines) dans les coins de la maison pour attirer les rats et les souris. Leur présence signifie que l’homme a assez pour nourrir sa famille en plus d’une famille de rongeurs. Représentation de Daikoku qui accueille les rats apportant de l’argent dans sa maison Chance Le rat est également lié à la chance. Une légende raconte qu’un lettré qui travaillait seul dans sa grande demeure aperçu un rat se livrant à diverses pitreries. Aucun domestique ne répondant à son appel, il se leva pour le faire fuir. Une poutre tomba là où le lettré était anciennement assis. Le rat s’inclina et partit. Le Zodiaque chinois Le rat est le premier animal du cycle de douze animaux dans le zodiaque chinois. Les animaux et leur ordre furent choisis, selon la légende, par une course. Le rat savait qu’il ne pouvait gagner cette course. Il aurait dupé le chat afin qu’il ne puisse arriver avant lui, ensuite, il se serait faufilé parmi les autres animaux. Une version laisse entendre qu’il aurait été porté par le bœuf pour traverser la rivière. Il en profita pour lui piquer sa place et arriver premier. Les légendes autour du zodiaque chinois en disent long sur son caractère dans la mythologie : pas seulement porteur de bonheur, il est également mesquin et rusé. Signe astrologique chinois du rat (Alice-Astro, Creative Commons) Mais… Le rat n’est pas toujours de bon augure : en Chine, il a le pouvoir de se transformer en démon masculin. Dans certaines philosophies bouddhistes, il fait partie des animaux inférieurs en lesquels se réincarnent ceux qui ont fait le mal dans leur vie. La vision du rat dans les pays d’Extrême-Orient est totalement différente de l’image qu’il renvoie dans les pays européens, où il est considéré comme un être rebutant, voire maléfique, qui dévaste les cultures et répand des maladies. Malgré des symboliques bien différentes, les rats ont longtemps alimenté le folklore et les légendes dans le monde entier et sont très présents dans l’art et la culture. Texte : Valhalla. Illustrations : domaine public (sauf mention contraire)
  3. A l’occasion de la sortie de son livre « Fancy Rats: Portraits and Stories » publié chez Amherst Media, nous avons interrogé la plus québécoise des ratouphiles françaises. Bonjour Diane, peux-tu te présenter à nos membres ? Bonjour ! J’ai 33 ans et je suis illustratrice, photographe et designer graphique, passionnée de rats de longue date et ancienne « pilier de comptoir » des forums ratounesques francophones. J’habite au Canada depuis avril 2017 (à Montréal plus précisément), je vivais auparavant en région parisienne. J’y ai passé plus de douze années J’ai adopté mon premier rat en 2006, et dès lors, trente-huit autres petits merveilleux se sont succédé dans ma troupe (dont plusieurs que j’avais pris en famille d’accueil et que je n’étais pas du tout censée garder, mais que voulez-vous… je suis faible !), ainsi qu’une trentaine de rats de sauvetages en famille d’accueil, pour lesquels j’ai pu trouver de chouettes adoptants, malgré mon envie de tous les garder. Mes débuts dans la photo avaient justement pour but de faire adopter ces rats, qui passaient hélas inaperçus parmi le très grand nombre d’animaux en attente d’une maison… et ça a fonctionné ! En prime, cela m’a permis de me découvrir une véritable passion pour la photographie. Qu’est-ce qui t’a amenée au Québec ? J’avais de plus en plus de mal à supporter la vie en région parisienne, le stress des transports, la pollution, le niveau de vie précaire, les loyers… Je comptais partir vivre en Suède, pays qui m’attirait depuis toujours et dont j’étais tombée amoureuse lors d’un voyage il y a déjà plusieurs années. J’aime le froid, les grands espaces, la nature sauvage, c’était une destination dont je rêvais depuis longtemps. Seulement voilà : la vie nous réserve toujours des surprises, et mon copain s’est vu offrir un poste à Montréal. Je n’avais jamais envisagé le Canada comme possible destination, mais je m’y suis tout de suite sentie chez moi lors de ma première visite, et j’ai donc fait ma demande de « Permis Vacances – Travail » pour l’y rejoindre. Je me sens particulièrement bien à Montréal, je dois en revanche briser un mythe : les températures estivales sont atroces, il y a de quoi finir cuit à la vapeur (l’air est très humide). C’est une terre de contrastes ! As-tu quitté la France avec des rats ? Réadopté ensuite ? Je n’avais plus de rat lorsque j’ai quitté la France. Mon dernier loulou, Kjalarr, est décédé de vieillesse deux semaines avant que je parte découvrir Montréal, en août 2016. Je n’ai pas réadopté, sachant que je n’aurais pas pu adopter d’autres rats avant d’être installée dans mon nouveau pays. Et j’ai donné le matériel qui me restait, les réglementations et processus de quarantaine rendant en effet très complexe la venue d’un animal de compagnie externe au Canada. Je n’ai pas pu non plus adopter sur place : j’ai découvert avec surprise que les animaux peuvent être légalement interdits par les propriétaires des logements, cette clause pouvant figurer sur le bail… ce qui est le cas du mien. J’offre cependant des séances photo gratuites à des refuges et familles d’accueil pour les aider à placer leurs petits protégés, et j’ai donc eu la chance de papouiller quelques ratounes québécoises absolument adorables ! J’espère pouvoir offrir une famille à quelques petits rescapés dans un futur plus ou moins proche. Il me faudra déménager, pour ça, et je préfère attendre d’avoir obtenu ma résidence permanente avant de m’engager dans une adoption, pour être sûre de ne pas mettre mes futurs petits protégés dans une situation délicate. Le rat est-il un animal de compagnie populaire au Canada ? D’après ma vision très limitée du milieu du rat au Québec, le rat me semble être un animal plus marginal qu’en France, et moins connu des vétérinaires. Les vétos justement : sont-ils aussi rares et chers qu’on le dit ? Il y a moins de cliniques vétérinaires spécialisées dans les Nouveaux Animaux de Compagnie, et certains vétérinaires refusent de soigner les petits rongeurs. Je présume que la densité de population (plus faible qu’en France) n’y est pas étrangère… Il y a peut-être des différences selon les provinces, je n’ai pour ma part qu’un aperçu limité au Québec. Les coûts des opérations classiques ne me semblent pas bien différents de ceux pratiqués par les vétérinaires spécialisés NAC en France (dans la fourchette haute des tarifs en région parisienne), en revanche les examens complémentaires et opérations moins classiques me semblent plus chers. Y a-t-il une communauté organisée, des clubs, des associations, des rateries ? Lors de mes recherches sur le web, j’ai trouvé très peu de rateries et peu d’associations et refuges dédiés aux NAC. Je connais deux refuges/associations à Montréal, ainsi qu’une raterie dans les environs, qui semble être la plus grande raterie québécoise, bien que je ne puisse pas l’affirmer (je ne la connais pas personnellement, néanmoins je suis sur un groupe Facebook qu’elle administre, et j’ai consulté ses pages web et Facebook.) Une chose est certaine : s’il y a des clubs, structures et associations similaires au LORD, Ratouphiles Associés et consorts, ils sont bien cachés ! Les refuges et associations sont assez similaires à ceux qu’on peut trouver en France. Il y a aussi des familles d’accueil, un système de dons pour aider à l’accueil de nouveaux animaux, des questionnaires d’adoption… Rien de très dépaysant. D’autres différences ou similarités avec la France ? En ce qui concerne la raterie que j’évoquais précédemment, c’est très différent de la petite raterie française classique. Là où la plupart des éleveurs français ont une ou deux familles, peu de phénotypes (dont pas mal de surprises qui apparaissent sans forcément avoir été prévues), et font des reproductions externes, il semble ici que ce soit bien plus comparable aux rateries qu’on peut par exemple trouver aux États-Unis : grand nombre de reproducteurs des deux sexes, nombreuses familles aux phénotypes bien spécifiques collant aux standards en vigueur et reproduites en interne, portées qui ne sont pas forcément placées mais parfois gardées en interne pendant plusieurs générations jusqu’à stabilisation du caractère ou d’éventuels soucis de santé récurrents. Les ratons ne peuvent être adoptés que par deux du même sexe minimum, et s’il n’en reste qu’un nombre impair, c’est adoption par trio, ou pas d’adoption du tout. L’utilisation du culling n’est pas niée. Je ne sais pas si c’est le cas partout, en tout cas ce n’est visiblement pas un tabou comme ça peut l’être en France (je ne cautionne pas du tout le culling, mais que je le cite étant donné qu’il est mentionné par l’éleveuse sur son site). Tu as sorti un livre de photographies de rats. Que contient-t-il ? Le livre contient des portraits et des petites histoires qui y sont associées, ainsi qu’un rapide résumé des points à connaître avant de se lancer dans l’adoption de rats (où et combien de rats adopter, les litières autorisées, les aliments interdits, la santé…) et des conseils pour prendre des photos de rats et autres petits animaux. J’ai choisi de mettre en avant les infos importantes en avant dans le premier chapitre, pour éviter qu’elles passent à la trappe et que ce livre soit responsable d’adoptions impulsives. Comment l’idée t’est venue ? Trouver un éditeur, ce n’était pas trop dur ? J’y avais quelquefois songé, sans pour autant imaginer que ce soit un jour possible… Et pour être tout à fait honnête, si j’ai eu la chance de publier ce livre, ce n’est absolument pas parce que j’avais démarché des éditeurs, mais parce qu’une série de mes photos postée sur Bored Panda est devenue virale. Elle a été reprise par divers journaux (Metro, Le Huffington Post…) et a fait le tour du monde en quelques jours. C’est suite à ça que j’ai été contactée par la maison d’édition Amherst Media, spécialisée dans les livres photo (de très beaux catalogues dans le style National Geographic.) Je n’en revenais pas moi-même ! J’ai bien évidemment sauté sur l’occasion. C’était pour moi la parfaite opportunité pour prendre enfin le temps de rassembler mes photos préférées, tenter de redorer un peu l’image du rat domestique, et récolter des fonds pour des refuges et associations de protection animale. As-tu pu faire « tout ce que tu voulais » pour le livre ? En grande majorité oui. Je n’en ai pas fait la mise en page, mais j’ai tout de suite beaucoup aimé celle qui m’a été proposée. Je remercie d’ailleurs grandement mes éditeurs d’avoir été aussi sympathiques, aussi professionnels et d’avoir permis la naissance de cet ouvrage dont la qualité d’impression m’a vraiment fait très plaisir (les couleurs sont fidèlement reproduites, ce qui est assez rare pour être souligné). La quantité de texte que je pouvais ajouter en légende sous les photos était assez limitée, mais j’ai quand même pu narrer quelques petites anecdotes sympathiques. La reproduction, ça ne te manque pas ? Pour être tout à fait honnête, oui et non. La génétique me fascine, je me liquéfie devant les bouilles de ratons et leurs adorables gros nez, j’ai un attachement extrêmement fort à certaines familles et forcément, quand je vois de nouvelles naissances qui sont apparentées à des rats merveilleux que j’ai connus, et toutes les petites surprises colorées qui peuvent se révéler au fil des jours, je ne peux pas nier que ça me fait un petit pincement au cœur. Pour autant, je ne souhaite absolument plus faire de reproduction, pour diverses raisons. La première est bien évidemment qu’il y a déjà beaucoup trop de rats sans famille, abandonnés ou nés de portées non désirées, qui patientent dans les associations et refuges, voire finissent en pitance pour reptile ou meurent oubliés dans leur petite cage. Rien que pour ceux-là, il m’est impensable de venir encore ajouter d’autres rats à la masse de ceux déjà présents. La seconde est que la simple idée qu’un descendant de rats nés chez moi puisse être abandonné, maltraité ou autre m’est insupportable. Tout comme le fait qu’un de ces rats puisse souffrir de pathologies héréditaires, que l’adoptant souffre lui aussi, etc. Le fait que la mère puisse mourir des complications d’une gestation est aussi rédhibitoire. Je ne serais pas capable d’encaisser le fait qu’une rate décède pour mon plaisir égoïste. Je pourrais encore développer, mais ce sont les trois raisons principales, avec l’évolution de ma vision de l’animal domestique dans le cadre d’une pensée antispéciste. Et la France ? On peut espérer te revoir un de ces quatre ? Très certainement de passage pour quelques jours (il n’y a que dix jours ouvrés de congés payés réglementaires ici, ce qui complique les choses pour voyager), mais je ne pense pas retourner y vivre à moins d’y être contrainte. Je me sens paradoxalement beaucoup plus « chez moi » à Montréal, même si mes amis de France me manquent, bien évidemment. Je ne sais pas si je resterai au Canada. Si je déménage encore dans les années à venir, je me ferai un plaisir de récolter autant d’infos que possible sur le rat domestique dans ces hypothétiques contrées ! Le livre de Diane est disponible sur Amazon. La moitié de ses droits d’auteur sont reversés à des associations de protection animale. Texte : Artefact. Photos : Diane Özdamar.
  4. Nous voulons les meilleurs soins possibles pour nos petits malades et nous cherchons donc à consulter un vétérinaire « spécialiste NAC ». Mais que veut vraiment dire cette appellation ? La « spécialité NAC » n’existe pas ! Première surprise : aucune des quatre écoles vétérinaires françaises ne délivre de tel diplôme ! Il s’agit souvent d’une appellation informelle, qui peut recouvrir des situations très différentes. Cela ne veut pas dire que votre vétérinaire « non spécialiste » ne peut pas s’occuper de votre rat, ni que votre vétérinaire « spé NAC » est un escroc ! Explications. La formation des vétérinaires en bref En France, les études vétérinaires sont organisées en plusieurs cycles : 4 années de tronc commun suivies par tous et dédiées aux disciplines fondamentales (anatomie, physiologie, etc.) Une 5ème année d’approfondissement dans une « filière » : animaux de compagnie, animaux de production, équidés, santé publique, recherche ou industrie. Après des stages et une thèse, les élèves reçoivent le Diplôme d’Etudes Fondamentales Vétérinaires (DEFV) : ils deviennent Docteurs et ont le droit d’exercer. Optionnellement, une formation complémentaire ou une spécialisation (entre un et quatre ans suivant la voie choisie.) En Belgique et en Suisse, des formations similaires se déroulent au sein des universités (5 années obligatoires). En Belgique, on peut obtenir un master en Médecine Vétérinaire Spécialisée option « animaux de compagnie non conventionnels » après une année complémentaire d’internat clinique (formation par la pratique.) Les universités suisses offrent une préparation à un diplôme européen (voir ci-dessous.) Options et spécialisations en France En tronc commun, beaucoup de cours sont transverses : le fonctionnement d’une cellule, la génétique, la démarche diagnostique, ça sert à toutes les espèces ! Les étudiants suivent environ 6500 heures de formation qui les préparent à accueillir n’importe quel animal. Quelques modules sont plus spécifiques : ruminants, carnivores… et parfois NAC. À Toulouse, les élèves ont un module NAC de 60 heures, dont une heure sur « l’élevage, l’entretien et la pathologie des rongeurs ». À Lyon, ils suivront « élevage du rat et du hamster » (1h), « particularités de la consultation et dominantes pathologiques des cobayes et rats » (1h), « consultations NAC » (2h). Il faut avouer que ça semble peu ! En approfondissement, les étudiants de la filière « animaux de compagnie » suivent des enseignements obligatoires ou optionnels en « médecine et chirurgie des NAC » (9 heures de cours et 4 semaines de stage à Toulouse, 2 à 8 semaines de stage à Alfort.) En spécialisation, aucun Diplôme d’Etudes Spécialisées Vétérinaires (DESV) n’est consacré aux NAC. Il s’agit plutôt de spécialités du genre dermatologie, ophtalmologie… Mais alors, qui sont les « spé NAC » ? Le diplôme ECZM Petits Mammifères Un des seuls diplômes officiels « spécialité NAC » reconnu, détenu par moins de 10 praticiens français, est un diplôme européen décerné par le « Bureau Européen de la Spécialisation Vétérinaire » (EBVS en anglais), qui certifie 35 spécialités réparties dans 26 « collèges » thématiques. Le collège ECZM (« European College of Zoological Medicine ») chapeaute 5 spécialités : médecine et chirurgie aviaire, herpétologie, petits mammifères (dont les rongeurs), faune sauvage, et zoos. L’obtention de ce titre est très difficile. En formation initiale, il faut avoir été « résident » (3 ans) avec un vétérinaire déjà spécialiste (souvent après un premier internat d’un an), constitué un dossier des cas traités, publié des résultats de recherche et réussi un examen théorique exigeant. Les vétérinaires expérimentés peuvent également postuler, à condition d’avoir pratiqué pendant au moins 7 ans. Ils doivent le renouveler tous les 5 ans. Traitement de l’arthrose au laser : une technique qui ne vous sera pas offerte partout ! La spécialisation par la pratique Cependant, obtenir le diplôme européen n’est pas le seul moyen de se « spécialiser » en pratique. Beaucoup de vétérinaires se présentant comme « spécialistes NAC » sans diplôme officiel réunissent deux caractéristiques : La formation continue : alors qu’ils exercent déjà, ils suivent des cours ponctuels à l’école vétérinaire ou via des organismes de formation, assistent à des congrès et des séminaires… L’exercice exclusif : par goût, ils ont choisi de ne recevoir en consultation que les NAC. Cette pratique leur permet de voir de nombreux cas et de ne jamais « perdre la main » ! Notons enfin qu’un vétérinaire « spé NAC » peut très bien être un mordu de perroquets ou de tortues… et un généraliste, un amoureux des rats formé « sur le tas » et très compétent ! Spé NAC or not spé NAC ? Spécialiste ou pas, le plus important est d’abord de bâtir une relation de confiance avec votre vétérinaire ! Sur des cas simples, un vétérinaire « généraliste » de la filière animaux de compagnie est formé pour une première prise en charge votre rat. Sur des maladies plus complexes, s’il manque d’équipement ou de connaissances, il vous orientera vers un confrère « spécialisé », c’est-à-dire surtout un confrère compétent qu’il connaît et estime… diplôme ou pas ! La liste vétérinaire SRFA SRFA collecte vos conseils d’adresses vétérinaires et les communique sur demande privée aux nouveaux membres cherchant un vétérinaire « OK rats » dans leur département. Votre vétérinaire vous satisfait ? N’hésitez pas à envoyer un message privé à une modératrice ou une administratrice pour maintenir cette liste à jour ! Texte : Artefact. Photo : Dehlia T.
  5. Chemin de la Philosophie, Kyoto, Japon, par une jolie journée d’automne. Une petite route qui monte dans la montagne, un joli pont de pierre illuminé par un érable, un tori signifiant l’entrée d’un lieu saint. Voici Otoyo-jinja, petit sanctuaire Shintô principalement fréquenté par les locaux. Établi en 887, ce sanctuaire est surtout connu pour ses gardiens spéciaux : un singe, un serpent, des faucons mais surtout... deux rats ! Ces “Koma-nezumi” (gardiens rat) se trouvent sur la droite du temple et jouissent d’un autel dédié à Okuninushi no mikoto, qui leur est propre. La légende raconte que le Dieu du mariage, Okuninushi, a un jour voyagé dans un autre monde. Il y a rencontré la Princesse Suseri, dont il est tombé amoureux. Mais Susanoo, père de Suseri (et dieu de son état), n’approuvait pas cette relation et n’a cessé d’imposer diverses épreuves à Okuninushi. L’une d’elles consistait à retrouver une flèche plantée dans une plaine à laquelle Susanoo, pendant qu’Okuninushi cherchait, mit le feu pour le tuer. Rapidement pris au piège par les flammes, Okuninushi perdit espoir jusqu’à ce qu’un rat apparaisse et lui indique la présence d’un trou où se cacher. Une fois le feu passé, le rat lui remit également la flèche. Okuninushi put donc épouser la Princesse Suseri. Otoyo-jinja puise ses racines dans ce mythe, avec ses deux statues de rats. Celui de gauche porte une outre de sake représentant l’abondance, la longévité et la santé, tandis que celui de droite porte un parchemin représentant les études et l’apprentissage. Les prières des visiteurs sont accompagnées de glands ou de fleurs, déposés aux pieds des statues. Il est également possible de laisser une tablette avec la prière de votre choix. Texte et photos : Ancalimë
  6. Que vous soyez éleveur ou simple adoptant, savoir repérer la puberté d’une rate peut vous simplifier la vie et vous éviter bien des ennuis. Heureusement, c’est très simple ! Nous vous expliquons ici comment procéder, et les conséquences de votre diagnostic, en particulier par rapport au risque de gestation et à la séparation des sexes dans une portée. Avant la puberté Comme nous vous l’avons expliqué dans le focus du numéro précédent, il est possible de déterminer le sexe d’un rat dès sa naissance. Pourtant un « piège » déroute parfois les débutants, même pour des petites femelles de plusieurs semaines : l’apparente absence d’orifice vaginal. Pour le dire trivialement, on pourrait croire qu’il « manque un trou pour que ce soit une fille ! » C’est ainsi que l’on voit régulièrement des propriétaires de rats suspecter que leur jeune rat est « hermaphrodite », alors qu’il ne s’agit généralement que d’une femelle non pubère. C’est précisément sur ce phénomène que l’on s’appuie pour le « diagnostic » de la puberté. Tout le monde sait que les ratons naissent avec les yeux et les oreilles « soudés » : il en va de même pour la vulve des femelles. La résorption de cette « soudure », appelée perméabilité ou ouverture vaginale, indique que la puberté est bientôt achevée. C’est un critère assez pratique et pertinent pour qu’en laboratoire, l’âge de la puberté des rates soit généralement défini… comme l’âge de l’ouverture vaginale ! Puberté et ouverture vaginale La puberté (ensemble de transformations à l’issue desquelles le raton deviendra un adulte fertile) est un processus progressif d’une certaine durée, et non une métamorphose brutale. Elle commence par un « réveil » de l’hypothalamus (une partie du cerveau) qui va déclencher une production accrue d’hormones en cascade (hormones hypophysaires, hormones sexuelles) et le développement des organes génitaux et des caractères sexuels secondaires. Elle s’achève lorsque l’animal devient capable de se reproduire, soit, chez la rate femelle, lors de l’apparition des chaleurs. L’ouverture vaginale se produit un peu avant la fin de la puberté et fournit donc un excellent repère pour savoir si une rate n’est pas encore pubère, si elle le sera bientôt, ou si elle l’est peut-être déjà. C’est un repère plus pratique que les autres caractéristiques de la puberté : mesurer des taux d’hormones est compliqué et invasif, et si l’on attend les chaleurs, cela risque d’être déjà « trop tard ». Les premières chaleurs surviennent quelques jours après l’ouverture du vagin. Femelle « fermée » Femelle « ouverte » Seule cette femelle présente un risque de gestation si elle a été mise en présence de mâles. L’ouverture vaginale est facile à voir. Ci-dessus, observez deux photographies de jeunes femelles d’un âge comparable, l’une juste avant, l’autre juste après ouverture vaginale. De haut en bas sur chaque photo, vous pouvez repérer la papille urinaire (petite protubérance abritant l’extrémité de l’urètre, d’où est émise l’urine – parfois prise à tort pour un pénis), puis l’entrée du vagin (fermée à gauche, ouverte à droite), puis l’orifice anal. Pour mieux visualiser les choses, vous pouvez aussi imaginer que vous observez une coupe de l’arrière-train de votre rate couchée sur le dos. Chez une rate fermée l’orifice du vagin ressemblerait alors à une soucoupe ou une coupelle ; chez une rate ouverte, à un petit entonnoir plongeant à l’intérieur de son corps. L’âge à la puberté : un faux-ami Savoir visualiser cette ouverture vaginale est bien plus sûr que se fier à l’âge de la rate. Chez les amateurs, on retient souvent que les rates deviennent sexuellement matures entre 5 et 6 semaines. Or, quand on consulte la littérature scientifique et vétérinaire, les âges varient considérablement : de 4 à plus de 15 semaines ! L’âge à la puberté est influencé par de nombreux facteurs : la génétique, la consanguinité, la taille, le poids, la vitesse de croissance, l’alimentation, la présence d’adultes mâles ou femelles, la manipulation, la saison, l’éclairement, la température ambiante, le nombre de petits, la proportion de mâles et femelles dans la portée, même des phénomènes très fins comme la répartition des sexes dans les cornes utérines : les fœtus femelles « stockés » entre deux mâles seront plus précoces. Autant dire que l’âge est un critère de puberté plus que fluctuant. Le graphique suivant illustre l’évolution du poids et l’occurrence de l’ouverture vaginale en fonction de l’âge, dans une population très homogène de femelles d’une même souche de laboratoire. Même en contrôlant un grand nombre des paramètres précédents, l’âge de la puberté varie dans une fourchette de plusieurs jours (de 34 à 41). En revanche le poids corporel à l’ouverture vaginale est un critère beaucoup moins variable (autour de 100 grammes dans cette population). Conclusion : on gagne toujours à apprendre à « voir » l’ouverture vaginale, car l’âge moyen de la puberté ou les critères de type « séparer les sexes à 5 semaines » sont en fait très peu fiables ! Évolution du poids d’un groupe de rates femelles (en ordonnée) en fonction de leur âge en jours (en abscisse, compté à partir de la mise-bas). Le rectangle plus foncé indique la zone âge-poids dans laquelle l’ouverture vaginale s’est produite chez ces femelles. Graphique tiré de Physiology of Reproduction, K. Maeda & al., dans The Laboratory Rat, G. Krinke éd., 2000. De l’utilité de savoir reconnaître la puberté Si vous êtes éleveur, ou avez une portée « kinder surprise », l’observation de l’ouverture vaginale peut vous aider à déterminer le moment où il faut séparer les sexes pour éviter que les petits ne se reproduisent entre eux. Si les femelles ne sont pas ouvertes aux 5 semaines habituellement recommandées, il sera « tout bénéfice » de laisser tous les petits ensemble et avec leur mère jusqu’à la puberté effective. Inversement, cela peut vous éviter une mauvaise surprise si vos petits sont exceptionnellement précoces. Notez que les mâles ne sont jamais pubères avant leurs sœurs (tant que les femelles sont fermées, leurs frères ne peuvent pas non plus saillir leur mère ou une autre femelle fertile) et que les premières chaleurs, rarement fécondantes, ne surviennent pas moins de 24 heures après l’ouverture vaginale (ce qui vous laisse le temps de séparer sans risque si vous contrôlez l’ouverture au moins une fois par jour.) En particulier, si vous ne possédez pas de mâles adultes, c’est particulièrement intéressant : si les ratonnes ne sont pas ouvertes à 5 semaines (ce qui est assez fréquent), tous les petits pourront finir leur sevrage social avec vos femelles. Cela vous évitera les complications et les risques qu’impliquerait le transfert des ratons mâles chez une tierce personne : difficultés à trouver une personne volontaire, transport, risques sanitaires, risques de blessures avec un mâle adulte que l’on ne connaît pas... qui ne méritent pas d’être courus pour moins d’une semaine. Si vous êtes adoptant, en particulier si vous choisissez d’aller à l’animalerie ou chez un particulier peu expérimenté, c’est également très utile ! Les âges et sexes estimés par les vendeurs ne sont pas toujours très fiables. En apprenant ce critère, vous ne confondrez pas un mâle aux testicules non descendues et une femelle non pubère, et, si la femelle qu’on vous propose est ouverte, vous saurez qu’un risque de gestation existe (souvenez-vous que même si le jour J votre femelle n’était pas avec des mâles, elle a pu l’être lors du transport ou avant votre visite). Vous pourrez alors prendre les mesures appropriées (avortement par injection chez un vétérinaire par exemple) ou vous préparer à l’accueil d’une éventuelle portée. Âge et poids de rats de différentes origines au cours de la maturation sexuelle. Les mâles sont toujours fertiles bien après les femelles dans une souche donnée. Tableau adapté de ``Sexual maturation and fecundity of wild and domestic Norway rats (Rattus norvegicus)’’, B. R. Clark et E. O. Price, J. Reprod. Fert. (1981), 63, p.215-220. Texte : Artefact. Photos : Choucha, Ancalimë.
  7. Une brève histoire du rat de compagnie Selon une superstition répandue, si nos rats domestiques ont tant de tumeurs, c’est qu’ils descendraient en grande partie de rats de laboratoire, « manipulés » pour les besoins de la recherche contre le cancer. En réalité, non seulement des échanges entre « amateurs » et laboratoires existent depuis longtemps dans les deux sens, mais surtout, des documents historiques attestent de l’existence de rats de compagnie avant l’usage des rats au laboratoire ! D’ailleurs, la physiologie même de l'espèce suffit à expliquer ces tumeurs. Mais alors, s’ils ne viennent pas (que) des laboratoires, d’où sortent nos rattus ? Sur les traces des rats au XIXe siècle Première surprise, si l’on confronte les sources d’information les plus anciennes : l'apprivoisement du rat dans un but de loisir et de compagnie est en fait antérieur à son usage à une échelle industrielle dans les laboratoires scientifiques ! Plusieurs livres mentionnent l’existence de rats de compagnie en Angleterre sous l'ère victorienne, soit dès 1830. La célèbre Reine Victoria (1819–1901), qui a donné son nom à cette période, en aurait possédé « un ou deux ». Du côté des scientifiques, des expériences éparses sont retracées à partir de 1850, mais l’expansion réelle de l’usage du rat comme animal de laboratoire remonte seulement au début du XXe siècle. Helen Dean King, célèbre biologiste américaine, débute la reproduction consanguine systématique de rats à partir de 1909, rats qui deviendront bientôt la souche Wistar. En 1908, Beatrix Potter, dessinatrice et auteur du célèbre personnage « Jeannot Lapin », dédicace un de ses livres, «The Roly-Poly Pudding or The Tale of Samuel Whiskers » à son rat, nommé Sammy. Le cheptel de fondation du futur Sprague-Dawley ne sera réuni qu’en 1925. Page de garde et dédicace de « The Roly-Poly Pudding » de Beatrix Potter, édition originale de 1908. La dédicace dit : « En mémoire de “Sammy’’, l’intelligent représentant aux yeux roses d’une race persécutée (mais irrépressible), un affectueux petit ami, et le plus accompli des voleurs ! » En fait, dès 1840, on peut trouver la trace d’au moins une origine possible pour nos rats de compagnie, et il ne s’agit pas de laboratoires. C’est une histoire qui ne démarre pas tendrement : les rats sauvages, qui prolifèrent alors dans Londres, sont capturés pour affronter jusqu'à la mort des chiens de chasse sous le regard des parieurs. Jimmy Shaw, tenancier d'un établissement proposant ce « divertissement », remarque l'existence de nombreuses mutations de couleurs parmi les rats ; il les extrait du lot destiné à un triste sort pour les élever et les vendre comme animaux de compagnie. Le rat d'agrément est né ; la préférence aux couleurs rares aussi… Dans le même temps, une nouvelle profession naît en Angleterre : les « rats catchers », chargés par le roi de contrôler la population de rats dans les villes, par la capture et l'extermination. L'un d'entre eux, Jack Black, conserve tous les rats qui présentent une particularité physique, les reproduit et les vend (peut-être parce que les services royaux le payaient à la pièce, et qu'il était plus facile de les faire reproduire que de les attraper...). Entre 1840 et 1860, il aurait réussi à obtenir et pérenniser les types albinos, noir, « fauve », « gris », et les premiers marquages blancs. L'AFRMA (association américaine) considère que les rats de Jack Black constituent une part fondatrice non négligeable du pool génétique des rats domestiques anglais et américains (via l'exportation) jusqu'à aujourd'hui. Jack Black, « rat catcher » officiel de la Reine Victoria, d’après une illustration tirée de “London Labour and the London Poor” d’Henry Mayhew, 1851. Des « rats catchers » à l’élevage pour compagnie La tradition de l'élevage amateur ou « fantaisie » (traduction calquée de l'expression anglaise « fancy rat ») tel que nous le connaissons aujourd'hui est, elle, attribuée à une britannique, Mary Douglas, que beaucoup d’anglophones surnomment « la mère des rats ». Elle propose en 1901 d'ajouter le rat au périmètre des intérêts du National Mouse Club, fondé en Angleterre en 1895 pour fédérer l'élevage amateur de souris domestiques, une tradition populaire dès les années 1800. Sa demande est acceptée et connaît un tel développement qu'en 1912, le club devient le National Mouse and Rat Club. A cette période, les souches de laboratoire n'en sont qu'à leurs balbutiements. L'activité du club en matière de rats décline à partir de 1920 et connaît un long hiver jusqu'à la fondation, en 1976, de la National Fancy Rat Society (NFRS), toujours active aujourd'hui, première organisation entièrement dédiée au rat de compagnie connue dans l'histoire. Mary Douglas, « mother of the rat fancy », et un de ses rats primés en concours, circa 1910. Aux Etats-Unis, l'histoire du rat « d’agrément » est moins documentée. D’après l’AFRMA, les premières traces écrites datent de 1920, dans des ouvrages qui conseillent au lecteur de s'adresser à l'université la plus proche s'il souhaite se procurer un rat apprivoisé. Cet élément témoigne d'un intérêt pour le rat comme animal de compagnie, tout en laissant supposer l'absence de rats dans les animaleries ou d'activité d'élevage de type « raterie ». Aussi pourrait-on être tenté de considérer que le cheptel américain est fondé en grande partie sur des sources génétiques de laboratoire (au moins jusqu'à l'importation de rats anglais, relativement intense à partir des années 1980). Pourtant, en fouillant dans quelques endroits reculés de l’internet où sont archivés de vieux livres, comme la bibliothèque du Congrès américain, on trouve… un standard et un barème de jugement du rat domestique, dans des catalogues de show réunissant lapins, cochons d’inde et souris, dès 1915 ! D’où venaient les rats jugés dans ces concours ? Difficile à dire. Des laboratoires ? De « rat catchers » à l’américaine ou d’autres prélèvements dans la nature? D’importations ? De l'expansion parallèle de la terrariophilie, qui implique souvent l'élevage de souris et de rats à visée alimentaire, et qui a contribué au cheptel et au développement de la détention domestique de muridés ? Peu de sources permettent de trancher. Quoi qu’il en soit, l'AFRMA est fondée en 1983. Standard de jugement des rats de compagnie tiré de “The American pet stock standard of perfection and official guide to the American fur fanciers’ association”, J. Henri Wagner, 1915. Et sur le vieux continent ? En Europe continentale, les documents sur la domestication du rat sont plus rares. La France est le premier pays où sont publiés des travaux scientifiques s'appuyant sur des expérimentations menées sur des rats, dans les années 1850. Ces rats provenaient d'une colonie de rats élevés pour nourrir les reptiles de la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris ; on peut en retrouver la trace dans un article de la revue Magasin Pittoresque de 1856, disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, et dont le texte intégral, avec ses mots d’époque, permet même d’en déduire qu’il s’agit de rats hooded noirs. La reproduction plus contrôlée de rats en laboratoire semble être née en Allemagne (1877-1885) ; on y fait, déjà, des croisements afin de comprendre l'hérédité de la couleur de la robe. Une partie de la colonie établie par Henry Donaldson, neuroscientifique, à Chicago au début du XXe siècle pourrait avoir été fondée sur des rats importés de Suisse en 1890. Bien qu'il n'y ait pas autant de documents historiques à l'appui de cette idée, il n'y a pas non plus de raisons de croire que les interactions entre hommes et rats aient été, sur le vieux continent, très différentes de leur histoire britannique. Dans le Spleen de Paris (1869), Charles Baudelaire décrit le « joujou du pauvre », le rat de compagnie d’un enfant des rues, envié par l’enfant riche dont le jouet doré mais inerte est bien moins attrayant. Cependant, les Français ne s’illustrent pas par leur refus de la cruauté londonienne : Paris possédait son propre « ratodrome », équivalent des spectacles morbides de Jimmy Shaw, où, pour 0,50 francs, on parie sur le chien qui tuera le plus de rats en un temps donné. Il est fondé dans les années 1910 dans le quartier de la Porte Maillot par un certain Gustave Krouet (ou Xhrouet selon les sources), chasseur de rats. De très nombreuses gravures et peintures d’époque, et citations d’écrivains célèbres comme Raymond Queneau, attestent de l’existence de ce lieu. Gravure du « Monde Illustré » n°8676 illustrant un combat entre un chien ratier et des rats à l’exposition canine de Paris le 9 avril 1870. Les archives restent muettes sur les décennies suivantes. La plupart des sources internet datent la naissance d'une activité non marginale de détention et d'élevage de rats de compagnie au début des années 1980. La Svenska Råttsällskapet (Suède) est fondé en 1983, la Suomen Kesyrottayhdistys ry (Finlande) en 1988. Au fil des années, on trouve également la création de clubs en Norvège, en Slovaquie et République Tchèque, en Pologne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne. En France, plusieurs associations sous le régime de la loi de 1901 ont existé, parmi lesquelles l'association Ratibus, déposée en préfecture en 2004 et aujourd’hui inactive, la plus ancienne à notre connaissance. Le tissu associatif est donc trop récent pour constituer une mémoire de l'activité d'élevage de rats domestiques au XXe siècle. Il reste ensuite les sites internet de rateries, dont la durée de vie, comme chacun sait, est très variable. Parmi ceux qui sont encore en ligne, Ratlàlà (http://ratlala.free.fr) date sa première portée à l'année 1995, Abracadabrats (http://abracadabrats.free.fr) à 2002. A cette période, il est donc déjà possible de trouver des rats dans les animaleries, et les grossistes fournisseurs de ces animaleries en produisent ; il y a donc fort à parier qu'une activité existait avant ces dates. Rien ne permet d'affirmer que l'origine majoritaire de ces rats est le laboratoire, qui produit surtout des rats albinos, noirs et agoutis ; or la première portée de Ratlàlà a pour parents deux parents topazes ! Autre donnée éclairante à cet égard : en 1994, le législateur inscrit le rat à la liste des espèces domestiques, dont on peut donc supposer que la détention est en augmentation mais n'est une préoccupation que récente. Dix ans plus tard, en 2004, une future vétérinaire, Sandrine Farjou, présente une thèse à partir de laquelle on peut grossièrement extrapoler le nombre de rats domestiques en France à plusieurs centaines de milliers d’individus ! Une telle explosion présumée des effectifs, même en tenant compte de la grande prolificité du rat, laisse supposer une grande diversité des sources et origines de ces rats. Les petits Wistar Hannover de LAB Fifty Shades of White, raterie De la Tarte au Citron. Des rats de labo chez les amateurs… des rats d’amateurs dans les labos ! De surcroît, la réglementation en matière d’animaux de laboratoire est (heureusement) très stricte en France : on ne se « procure » pas comme ça un rat Long-Evans ou Fisher 344. Depuis quelques années, des associations de protection animale comme le GRAAL ou White Rabbit ont réussi à passer des accords avec certains laboratoires pour éviter l’euthanasie d’animaux en surplus et les réhabiliter comme animaux de compagnie, ce qui a intensifié les apports de souches de laboratoire dans notre population. Avant cela, les « sorties » de rats de labo sont rares, et nécessitent de bons contacts et des semaines voire des mois de travail et de négociation. Rats des souches « Kyoto Fancy Rat Stock » photographiés par les chercheurs les ayant reproduits et étudiés. Plus surprenant, hors de France en tous cas, des rats du circuit amateur se sont parfois retrouvés dans des laboratoires. Ainsi, en 2005, des chercheurs japonais ont importé 6 rats issus d’une raterie américaine, Spoiled Ratten Rattery, tenue par Elisabeth Brooks dans l’état du Missouri, pour étudier leur génome. 5 ans plus tard, ils publient un article scientifique intitulé « Genetic Analyses of Fancy-Rat-Derived Mutations » dans lequel ils concluent de leurs travaux que les mutations étudiées (satin, siamois, mink…) sont uniques au cheptel des rats de compagnie vivant chez les amateurs, donc pas issues des laboratoires ! Étonnant, non ? Alors, nos ratoux, tous descendants de labo ? Rien n’est moins sûr ! Leurs origines sont globalement fort diverses, incluant certes les laboratoires, mais aussi des prélèvements dans la nature, des activités d'élevage sporadiques, des importations de pays plus en avance que nous en ce domaine, et des détours inattendus. Après 2 décennies d’existence documentée de rateries en France, nos rats ont sans doute de moins en moins de points communs avec leurs cousins de laboratoire… et une histoire passionnante à écrire ! Pour aller plus loin ▶ The history of Fancy Rats, Nicole Royer, AFRMA, 2008. ▶ The Destroyers of Vermin, Henry Mayhew, dans London Labour and the London Poor, volume 3, chapitre 1, 1851. ▶ Les souris blanches, François Desportes et Edouard Charton, dans Le Magasin Pittoresque, 1856. ▶ Historical Foundations, J. Lindsey et H. Baker. Dans The Laboratory Rat, Elsevier Academic Press, 2e édition, 2006. ▶ Rat, Jonathan Burt, Reaktion Books, 2006 ▶ Quand rats et chiens s’affrontaient sur le ratodrome de Paris, Charles De Saint Sauveur, « Le Parisien » du 11 décembre 2016. ▶ The American pet stock standard of perfection and official guide to the American fur fanciers’ association, J. Henri Wagner, 1915 ▶ Genetic analyses of fancy rat-derived mutations, T. Kuramoto, M.Yokoe, K. Yagasaki, T. Kawaguchi, K. Kumafuji. Dans Experimental Animals, volume 59, 2010.
  8. Ah, déjà décembre, ses tombées de la nuit précoces et ses lumières festives, les samedis casse-tête cadeau et les dimanches déco... Et pour fêter l'arrivée de l'esprit de Noël, la rédaction du magazine de l'association a planché sur un beau numéro spécial surprise, offert à tous, et rebaptisé pour l'occasion : L'Echo des Sapins N°1 - Décembre 2018.pdf L Echo des Sapins - Annexe.pdf N'oubliez pas de télécharger l'annexe qui l'accompagne, pour fabriquer dès aujourd'hui votre calendrier de l'Avent ratounesque. De quoi égayer ce dimanche de grisaille et entrer de plain pied dans la préparation d'un Noël résolument ratouphile !
  9. C'est avec fierté et émotion que nous vous présentons le « numéro zéro » de l'Écho des Sputniks Exceptionnellement, pour vous permettre de le découvrir, nous offrons ce numéro à tous en lecture gratuite. Il paraîtra ensuite aux mois de janvier, avril, juillet et octobre et sera réservé aux adhérents de l'association SRFA, qui pourront le télécharger gratuitement et consulter en ligne tous les anciens numéros, pendant toute la durée de leur adhésion. Dans les prochains mois en fonction de la demande, vous pourrez également le recevoir chez vous au format papier (contre remboursement des frais d'impression et de port), et les non adhérents pourront s'y abonner ou acheter ponctuellement un numéro, au format pdf ou papier (si ces possibilités vous intéressent, n'hésitez pas à le faire savoir à l'équipe de l'association). Ce trimestre dans votre magazine, vous retrouverez une interview des Ikérats, la plus suédoise des rateries françaises, un dossier consacré à l'histoire du rat de compagnie en France et dans le monde, un petit coup de pub pour le super travail de l'association L'Arche de Bagheera, et plus encore. L'Echo des Sputniks N°0 - Octobre 2017.pdf Cliquez sur le numéro pour le télécharger au format pdf, ou retrouvez toutes les informations et les articles en html sur la page du magazine, où vous pourrez en prime nous laisser un avis ou un commentaire dans un espace réservé aux adhérents. Nous vous souhaitons à tous et toutes une très bonne lecture
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