Aller au contenu
Tsukina

évolution d'une tumeur mammaire

Messages recommandés

Hello,

Je me permets de vous écrire, car je me pose une petite question. Tout à l'heure, je parlais avec Dune de tumeurs mammaires, ayant eu qu'une seule tumeur mammaire a la maison, je n’ai pas une grande expérience à ce niveau là. Dans mon cas, j'ai eu une tumeur mammaire qui à évolué très très rapidement en quelques jours. Et à côté de ça, j'ai une de mes adoptantes qui a a priori une tumeur mammaire, qui ne grossit pas pour le moment, et qui ne génère pas.

Je me demande donc si selon la famille/lignée, les tumeurs mammaires peuvent-elles être plus ou moins importantes ? Est ce qu'un rat qui vient d'une famille ou il y a pas mal de tumeurs dont l'évolution est rapide et la masse imposante, à plus de chance d'avoir lui aussi une évolution rapide sur une future éventuelle tumeur ? ou la taille/l'évolution n'a pas de réel lien génétique et donc que ça reste très aléatoire ?

Parce qu'à choisir, je préfère forcément le rat dont la tumeur est de petite taille et n'évolue pas énormément, plutôt que la tumeur qui devient énorme et disproportionnée rapidement.

 

 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

En fait je pense que tout dépend du type de tumeur dont il s'agit, pour le savoir il faudrait faire analyser toutes les tumeurs des rats en question. 

 

Parfois il y a des familles de rats qui font le même type de tumeurs "visuellement" et au final c'est pourtant très différent. Je prend pour exemple la famille de mon Hugh, sa portée ainsi que la portée de sa mère sont sujettes à des tumeurs faciales, parfois agressives (Hugh, j'ai vu qu'il avait un souci, j'ai du l'eutha 2 jours plus tard) parfois moins (certains rats de sa famille ont vécu plusieurs semaines/mois après l'apparition du souci). C'est écrit "Zymbal" partout parce que ça y ressemble fort, seulement en faisant analyser ce sont des tumeurs différentes, juste situées au même endroit. 

 

Sans compter les types de tumeurs en elles-même.

 

Il faut aussi prendre en compte les facteurs environnementaux. 

 

Du coup je pense que ça reste assez aléatoire avec les infos dont on dispose actuellement sur nos familles (pas d'autopsie/analyse systématique) + les différents facteurs. Et la manière dont on gère nos familles également (outcrossing). Ceci dit je suis loin d'avoir un avis scientifique sur le sujet donc je suis peut être carrément à coté de la plaque aussi.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

De toutes les tumeurs que j'ai eu, elles ont grossit entre le moment de la découverte et le moment de l'opération. et bien sûr, si on laissait au vu de l'âge du rat. En revanche, elles ne grossissaient pas au même rythme. Ca dépend certainement de plusieurs paramètres, la génétique aussi mais j'ignore dans quelle mesure (on sait que pour l'homme, certains cancers ont un lien avec la génétique, mais pas tous).

 

La seule "tumeur" qui n'a pas grossit en quelques mois, on la soupçonnait d'être en fait  une simple poche de lait puisque la précédente sur cette rate l'était (la première fois que la véto voyait ça à l'époque).

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Les cancers sont un type de maladie très particulier. Il n'y en a pas un, mais énormément de différents, et même chez les humains les caractériser est difficile, et finalement ce qu'on sait est encore limité.

 

Sous ce nom on regroupe les maladies dans lesquelles une cellule (à l'origine) a commencé à se multiplier d'une manière qui n'est plus contrôlée. La multiplication et la croissance peuvent se faire à l'infini, car la population de cellules clonales qui en découle ne réagit plus aux signaux qui régulent normalement la multiplication, la croissance, et la mort des cellules (beaucoup de processus dans le corps sont en fait le résultat de morts déclenchées de cellules). Ces cellules peuvent encourager la mise en place d'une vascularisation qui va assurer l'apport de nutriments et oxygène à la tumeur. Ces cellules peuvent acquérir la capacité de se déplacer dans l'organisme, ce qui va donner des métastases.

 

Maintenant, pour la composante génétique : tous les cancers sont des maladies du génome, faisant suite à des mutations dans les cellules. Il y a toujours un certain nombre de mutations dans toutes les cellules en division (gros génome, taux d'erreur de copie très bas, mais non nul). Or nous parlons de milliards de cellules, sur la vie de l'individu, donc même des événements avec une probabilité faible vont se produire (et cela explique aussi pourquoi les cancers ont tendance à apparaître plutôt tard dans la vie, mais qu'il y a des exceptions). La fréquence de mutation dépend du nombre de divisions de cette catégorie de cellules, de l'efficacité des mécanismes de correction (qui peut être influencée par l'âge, le type de cellules, le patrimoine génétique de l'individu, voir par exemple : https://www.sciencebasedmedicine.org/angelina-jolie-surgical-strategies-for-cancer-prevention-and-genetics-denialism-revisited/), du taux de mutations (qui peut être influence par certains facteurs environnementaux)...

 

Selon le site dans le génome où se produisent les mutations, leur effet est généralement nul, ou limité à cette cellule (les mécanismes d'apoptose servent aussi à cela, se débarrasser des cellules ne fonctionnant pas correctement). Mais parfois, les mutations permettent justement d'échapper aux mécanismes de contrôle. Mais cela ne veut pas dire qu'on va avoir une tumeur pathologique. Il faut aussi que la cellule se multiplie plus rapidement, etc. Ceci apparaîtra suite à d'autres mutations. Il ne faut pas non plus penser que c'est quelque chose qui se joue sur un gène. La difficulté pour trouver les gènes liés au cancers est justement causée par le fait qu'ils jouent sur des cascades de régulation complexes impliquant des dizaines, centaines ou milliers de gènes. "La sensibilité au cancer et sa progression dépendent de propriétés émergentes de nombreux gènes, chacun ayant un petit effet individuel, mais les variants génétiques affectent la cellule tumoreuse, le micro-environnement entourant la cellule, ou les deux (Balmain in Gorski 2010 https://www.sciencebasedmedicine.org/the-complexity-of-cancer/).On a donc un combo mutation (qui est probablement différente dans chaque cancer individuel, même si elles peuvent toucher les mêmes gènes chez différents individus), et environnement génomique/cellulaire (si certaines cascades sont touchées, ça n'aura pas le même effet selon celles que la cellule en question utilise, les cellules qui l'entourent, les hormones auxquelles elle est sensible et leur concentration)... Par exemple il y a des différences entre les cellules du tissu mammaire, et celles de la peau. C'est à ces niveaux qu'interviennent les prédispositions génétiques de certains individus à certains types de cancer.

 

Une fois qu'on a des cellules clonales, l'histoire ne s'arrête malheureusement pas. Ces cellules continuent de subir des mutations, d'autant plus qu'elles se reproduisent et sont parfois anormales (métabolisme etc.), et celles ci peuvent s'ajouter aux premières. Si par exemple une cellule dans la tumeur est capable de se reproduire plus vite, elle va prendre le dessus. Les tumeurs et les métastases ne sont donc pas homogènes génétiquement. Si certaines sont résistantes au traitement, elles vont se multiplier après que les sensibles aient été éliminées... La théorie de l'évolution, dont la sélection naturelle s'applique aussi à ce niveau, pour sélectionner les cellules cancéreuses les plus efficaces...

 

Cette complexité explique pourquoi certaines tumeurs vont grandir extrêmement vite et être très agressives, tandis que d'autres vont pousser plus doucement, et l'individu aura le temps de mourir d'autre chose. Une figure très claire peut être trouvée ici : https://www.sciencebasedmedicine.org/recent-developments-and-recurring-dilemmas-in-cancer-screening-colon-lung-thyroid/, dans le cadre d'une discussion sur l'intérêt du dépistage pour les cancers du colon, de la thyroïde et des poumons. En gros, le dépistage ne sert pas à grand chose pour les cancers à évolution très rapide (ils se développeront entre deux dépistages), ni pour les très lents (où l'opération ne sert à rien, et fait courir des risques supplémentaires). C'est donc uniquement pour ceux de catégorie intermédiaire que c'est utile, et c'est la raison pour laquelle les recommandations pour le dépistage du cancer du sein ont été revues à la baisse...

 

Avec toutes mes excuses pour la longueur du post, et bravo aux courageux/ses qui sont arrivées au bout.

 

Pour aller plus loin (c'est de là que viennent une grande partie de ce que j'ai écrit ici, je recommande tout le site) :

https://www.sciencebasedmedicine.org/is-cancer-due-mostly-to-bad-luck/

https://www.sciencebasedmedicine.org/the-complexity-of-cancer/

https://www.sciencebasedmedicine.org/angelina-jolie-surgical-strategies-for-cancer-prevention-and-genetics-denialism-revisited/

 

Disclaimer : I am not that kind of doctor, nor do I play one on TV.

Modifié par Artefact
Ajout de sauts de ligne pour la lisibilité ;)

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant

×

Information importante

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies permettant d'améliorer votre expérience de navigation et mémoriser vos paramètres utilisateur pendant votre visite. Aucune information contenue dans ces cookies ne permet de vous identifier sans votre permission. SRFA ne transmet aucune information non anonyme à des applications tierces.