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Artefact

Proposition d'article : syndrôme vestibulaire

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Suite à deux sujets très intéressants ouverts récemment sur SRFA, nous souhaitons vous proposer une ébauche d'article sur les problèmes neurologiques qui peuvent toucher le rat, et en particulier le syndrôme vestibulaire, souvent étiqueté "AVC".

 

Je précise que je ne suis ni médecin, ni vétérinaire, ni biologiste, et que je n'exerce pas une profession de santé. C'est donc une synthèse de mes lectures et des informations précieuses apportées par les membres plus expérimentés que moi, et je suis évidemment demandeuse de toutes remarques et corrections. L'article utilise également un peu de jargon "technique" que j'ai essayé d'expliciter aussi souvent que possible, mais les remarques des béotiens sont tout aussi bienvenues s'il y a des parties incompréhensibles !

 

Les deux sujets de départ sont :

- Discussions sur l'accident vasculaire cérébral : http://www.srfa.info/index.php?/topic/87316-lavc-nexiste-pas-chez-le-rat/

- Emploi d'antivertigineux sur un syndrôme vestibulaire : http://www.srfa.info/index.php?/topic/87209-syndrome-vestibulaire-chez-le-rat-et-acetyl-leucine/

L'article pourra certainement être complété par des sujets de témoignages sur ces maladies et d'autres (tumeurs hypophysaires, paralysies, problèmes de moëlle épinière), n'hésitez pas à donner le lien vers les topics que vous trouvez intéressants.

 

***

 

Syndrôme vestibulaire et atteintes neurologiques

Causes, diagnostic et traitement des problèmes neurologiques chez le rat

 

Le rat Minagrobis a la tête qui penche d'un côté. Il se casse la margoulette, il tourne en rond, bref : il y a un truc qui cloche. On appelle ça "le syndrôme vestibulaire". Vous foncez sur votre forum préféré, vous faites une recherche et vous trouvez : "otite ou AVC". C'est plus ou moins exact et plus ou moins efficace. Nous vous proposons ici une analyse plus détaillée des symptômes, des causes possibles et des traitements.

 

Le syndrôme vestibulaire n'est pas le seul problème neurologique dont peut souffrir Minagrobis. La neurologie est la discipline médicale qui s'intéresse au système nerveux : les centres nerveux (cerveau, moëlle épinière) et les nerfs eux-mêmes. Les autres problèmes pouvant toucher ces organes (avec ou sans syndrôme vestibulaire associé) sont également traités ici.

 

1. Les symptômes qui alertent

 

- Minagrobis a la tête penchée d'un côté. Cela peut être plus ou moins flagrant. Si vous avez un doute (vous avez l'impression que ça penche, mais vous n'êtes pas sûr), observez-le plusieurs fois à quelques minutes d'écart à chaque fois, et demandez-vous si vous avez l'impression que c'est toujours du même côté : si la réponse est oui, cela va dans le sens d'un problème. (Sinon, il est bien possible que vous paniquiez pour rien : Minagrobis ne porte pas de minerve, sa tête n'est pas toujours pile poil verticale !)

 

- Minagrobis a un problème pour se servir de ses pattes. Il y arrive mal, ou pas du tout. On parle d'ataxie (problème de coordination fine des mouvements), de parésie ou paralysie (le rat a du mal à ou ne peut plus bouger du tout les pattes). Le plus souvent, cette ataxie est asymétrique (patte avant et arrière du même côté) en cas de problème au cerveau (hémiplégie), seulement à l'arrière en cas de problème de moëlle épinière (paraplégie).

 

- Minagrobis a des problèmes d'équilibre. Il tourne en rond sur lui-même, se déplace en cercle, se casse la figure sur un côté quand il se déplace, ne peut pas se tenir debout. Il peut également être désorienté, c'est-à-dire qu'il a l'air de ne pas trop savoir où il est, où aller, ne vient pas vers vous quand vous l'appelez.

 

- Les yeux de Minagrobis font des mouvements bizarres. Ses pupilles font une sorte de balayage, de droite à gauche ou de haut en bas, régulier et incontrôlé. On appelle cela un nystagmus. C'est le mouvement que font vos yeux par réflexe quand vous regardez par la fenêtre d'un train - mais quand on n'est pas en train de regarder par la fenêtre d'un train, ce n'est pas normal. Ce signe est difficile à voir pour un néophyte, c'est le plus souvent le vétérinaire qui pourra le remarquer. Il est également possible que Minagrobis voie double (diplopie), mais il ne pourra pas vous le dire et ce n'est pas facile à vérifier.

 

- Minagrobis n'a plus très bien conscience de son corps. Par exemple, il ne réagit pas quand vous lui pincez une patte (trouble de la sensibilité), ou ne remet pas sa patte en place si vous la pliez (trouble de la proprioception).

 

- Une crise d'épilepsie (ou épileptiforme, "qui ressemble à de l'épilepsie") peut se produire, de même que des spasmes musculaires incontrôlés (on parle notamment de myoclonies ou fasciculations).

 

D'autres symptômes plus ou moins repérables par un humain lambda peuvent exister, mais ceux-là sont les plus courants et les plus faciles à repérer. Ils ne sont pas forcément tous présents. Un seul d'entre eux suffit à soupçonner voire caractériser un problème neurologique. Les causes possibles sont nombreuses, et dépendent de l'endroit touché.

 

2. Système nerveux central : le cerveau

 

Les symptômes neurologiques peuvent être causés par un problème touchant le cerveau au sens large c'est-à-dire encéphale, cervelet, glandes, système vasculaire irriguant ces organes.

 

2.1. Accident vasculaire cérébral (AVC)

 

Le système vasculaire est composé de deux types de vaisseaux : les artères, qui portent le sang oxygéné et les nutriments aux organes, et les veines qui ramènent le sang utilisé par ces organes. Différents problèmes peuvent les toucher et causer des symptômes :

 

- L'obstruction d'une artère. La zone normalement irriguée par cette artère ne l'est plus ou plus suffisamment, elle manque d'oxygène, c'est l'ischémie. Différentes choses peuvent boucher une artère : un caillot de sang (thrombose) s'étant formé sur place ou ayant migré depuis une autre partie du corps à travers le système veineux, des plaques de graisses et de débris cellulaires calcifiées (athéromes), des amas cellulaires anormaux causés par des cancers (syndrôme paranéoplasique).

 

Les thromboses se forment pour deux raisons principales : l'immobilisation (le sang stagne et donc coagule, notamment dans les membres : a priori très rare chez le rat) et les troubles du rythme cardiaque (fibrillation auriculaire : une oreillette du coeur ne se contracte pas correctement, le sang stagne dans le coeur et un caillot se forme). Les chirurgies et les chutes peuvent également causer des thromboses.

 

Les athéromes sont liés à une mauvaise hygiène de vie : alimentation trop salée ou trop grasse (vous nourrissez Minagrobis avec trop de restes de votre assiette, plats cuisinés, pizzas et autres cochonneries mauvaises pour vous et pour lui), tabagisme passif (vous fumez dans la pièce où vit Minagrobis, très mauvaise idée, et pas seulement pour ses poumons). Pour cette raison, peu d'AVC sont documentés chez le rat de laboratoire, alimenté sainement, mais on peut craindre que nos domestiques soient davantage touchés par le problème !

 

- L'obstruction d'une veine. A ma connaissance, elle est rarissime dans les veines du cerveau.

 

- Une hémorragie. Un vaisseau du cerveau ou autour du cerveau se met à saigner. Parmi les causes possibles, on retrouve l'hypertension, la rupture d'anévrisme (dilatation de la paroi d'un vaisseau qui se rompt brutalement), les traumatismes (choc à la tête), les malformations du système artério-veineux (shunt).

 

Tous les accidents vasculaires cérébraux sont des urgences médicales absolues. Chaque heure compte.

 

En médecine humaine, le diagnostic repose à la fois sur l'examen clinique et sur des examens complémentaires : biologie (plaquettes, éléments liés à la coagulation, oxygène dans le sang) et imagerie (IRM, scanner, angiographie). Ces examens ne sont évidemment que rarissimement disponibles pour le rat.

 

Le traitement repose sur l'administration de vasodilatateurs (souvent appelés "oxygénateurs du cerveau") : papavérine et vincamine. Les vétérinaires évitent les anticoagulants, probablement trop difficiles à doser chez le rat (risque d'hémorragie iatrogène), sans compter qu'en l'absence d'imagerie, on ne saura pas faire la différence entre AVC ischémique et hémorragique (et mettre un anticoagulant sur une hémorragie est une mauvaise idée). Il est possible de corriger un trouble du rythme cardiaque identifié à l'occasion d'une suspicion d'AVC par des médicaments (benazepril, atenolol ?). En ce qui concerne l'hygiène de vie, il n'est jamais trop tard pour arrêter de fumer dans la pièce des rats et pour les nourrir plus sainement.

 

2.2. Infections

 

Le cerveau, comme tous les autres organes, peut être touché par des virus ou des bactéries : méningites (inflammation des méninges, membranes protectrices du système nerveux), encéphalites (inflammation du cerveau lui-même). Bactériennes, elles sont beaucoup plus graves. Chez l'humain on les confirme par une ponction lombaire, mais je ne crois pas que cela se pratique chez le rat... Le traitement repose sur des antibiotiques si la cause bactérienne est supposée.

 

2.3. Tumeurs et cancers

 

Il existe une multitude de cancers et cela dépasse le champ de cet article. Un cancer, localisé n'importe où, peut causer des amas métastatiques qui vont venir boucher des artères (cf. 2.1), on parle de syndrôme paranéoplasique (néoplasie = cancer, para = autour, donc "syndrôme qui accompagne un cancer). Des tumeurs de différentes natures sont susceptibles de se développer n'importe où dans le cerveau, c'est un domaine très pointu et très spécialisé.

 

Toutefois, il nous paraît important de mentionner un cas particulier, a priori fréquent chez le rat et qui peut être impliqué dans les syndrômes vestibulaires et d'autres signes neurologiques : la tumeur de l'hypophyse. L'hypophyse est une glande endrocrine (qui sécrète des hormones à l'intérieur du corps), situé au coeur de la boîte crânienne, à peu près à la jonction entre le lobe temporal et le tronc cérébral. Sa localisation interdit évidemment la chirurgie chez le rat, mais on a quelques retours d'expérience sur l'emploi de cabergoline ayant ralenti l'évolution de ces tumeurs. (L'hypophyse sécrète notamment de la prolactine, hormone sexuelle, ce qui expliquerait qu'une même molécule puisse avoir un effet sur les tumeurs mammaires et les tumeurs de l'hypophyse. La cabergoline inhibe la production de prolactine).

 

La tumeur de l'hypophyse est fréquemment évoquée par les vétérinaires devant des symptômes neurologiques.

 

 

3. Système nerveux périphérique

 

Dans ce cas, c'est l'oreille interne qui est touchée, ce qui explique notamment les problèmes d'équilibre associés. La cause principale de syndrôme vestibulaire périphérique est l'otite. Une mauvaise odeur se dégageant de l'oreille, ou une atteinte associée de la sphère ORL (nez qui coule, toux, bruits respiratoires) peuvent orienter sur cette piste, mais ils ne sont pas obligatoires. Dans ce cas, des antibiotiques seront prescrits.

 

D'autres causes sont envisageables : tout ce qui se trouve entre le cerveau (en aval des noyaux vestibulaires, région du cerveau qui contrôle l'oreille au sens large : audition et équilibre) et l'oreille peut être touché. Le nerf auditif (également appelé nerf cochléo-vestibulaire) peut par exemple être atteint (inflammation, démyélinisation c'est-à-dire altération de la gaine qui entoure le nerf, tumeur : neurinome de l'acoustique...).

 

 

4. Système nerveux central : la moëlle épinière

 

On sort du cadre du syndrôme vestibulaire ici, mais cela représente une autre famille de problèmes neurologiques qui peuvent également atteindre le rat.

 

En cas d'atteinte de la moëlle épinière, c'est essentiellement le train arrière qui sera touché, avec toutes les fonctions qu'il abrite : motricité, sensibilité, contrôle de la vessie et des sphincters... La moëlle épinière peut souffrir ou être lésée pour différentes raisons :

 

- Un traumatisme (chute) ayant causé un oedème, un hématome, une hémorragie, une fracture...

- Une hernie discale (le disque, petit coussin qui sépare deux vertèbres, est abîmé et ne remplit plus son rôle protecteur pour la moëlle et les vertèbres). Le disque peut être déchiré, rompu, partiellement ou totalement expulsé.

- L'arthrose des vertèbres, ou différentes déformations des vertèbres comme le bec de perroquet ;

- L'embolie fibro-cartilagineuse : le système vasculaire irriguant la moëlle est bouché quelque part suite au détachement et à la migration d'un bout de cartilage d'une vertèbre, la moëlle n'est plus irriguée en aval.

- Des tumeurs locales sont probablement possibles. La tumeur hypophysaire peut également se traduire par des symptômes touchant la même zone.

 

Il n'y a pas grand-chose à faire. La gravité des symptômes et la possibilité de préserver ou non la qualité de vie du rat doit guider la décision. Si les symptômes sont assez légers, il est possible suivant les cas d'améliorer la situation avec des anti-inflammatoires et/ou de la kinésithérapie (mobilisation passive, natation...).

 

 

5. Diagnostics, traitements, évolution

 

Nous les avons déjà évoqués dans les sections précédentes suivant les cas, en voici un résumé en forme de conclusion.

 

Il n'y a pas vraiment de règle générale étant donné la variété des causes possibles. Les examens complémentaires sont le plus souvent impraticables. Souvent, en plus de l'examen clinique, le vétérinaire retiendra des hypothèses de fréquence (il traitera par exemple avec des antibios et des vasodilatateurs pour couvrir un maximum de causes probables). Il vous parlera, comme nous, d'otite ou d'AVC : sachant que c'est peut-être inexact mais pédagogique et suffisamment parlant, disons qu'il s'agit de vulgarisation, qui ne change rien aux options thérapeutiques.

 

Suivant la cause, la gravité des symptômes initiaux, la rapidité de réaction pour consulter, le rat atteint pourra se remettre (avec ou sans séquelles), vivre quelques temps avec des soins palliatifs, ou malheureusement, décéder rapidement ou être euthanasié. Dans le cas de séquelles ou de maladie évolutive incurable, des traitements symptômatiques palliatifs, destinés à améliorer la qualité de vie du rat, sont possibles. Par exemple, des antivertigineux (acetyl-leucine) ont récemment été employés avec succès pour un rat qui souffrait de problèmes d'équilibre de cause indéterminée. Des anti-inflammatoires (cortisone, meloxicam) peuvent être utilisés contre la douleur ou pour tenter de réduire un oedème ou une inflammation soupçonnée.

 

Il est recommandé de consulter son vétérinaire sans tarder en cas d'apparition de symptômes neurologiques, en particulier s'ils sont apparus brutalement : pour une partie des causes évoquées, les chances de survie et de récupération chutent très rapidement dans le temps, il est impératif de consulter dans les heures qui suivent. Au "pire", ce n'était pas grave (cela arrive aussi que ce soit une broutille !) ou il n'y aura rien à faire, mais vous n'aurez pas risqué de passer à côté de quelque chose de faisable.

 

Ah, au fait, vous vous souvenez de Minagrobis, qui avait la tête penchée ? Il avait juste un torticolis !

 

***

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artefact je t'aime (oui c'était pas constructif)

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On avait dit pas d'effusion publique ;)

 

Sinon ça va c'est clair ? Je pense que je vais requérir l'avis de nos pros (Vltava, Mastermold, Linoam, vous êtes dans le coin ? ^^) pour vérifier que je n'ai pas dit trop de bêtises !

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Je suis pas pro, j'ai vainement tenter de suivre les topics qui en parle mais sans grand succès.

Alors que la malgres le vocabulaire (on se croirait dans Dr House >< ) j'ai tout suivit ^^

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Ah, mince, j'ai oublié la cabergoline pour les tumeurs hypophysaires. C'est à ça que je pensais en parlant des cas documentés, pas au tummyl. Je vais éditer !

 

Edit. Hop, changé. Si quelqu'un se souvient de qui/quand a utilisé la cabergoline, je pourrai mettre en lien. (Kerma je crois ?)

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Il faudrait aussi une partie sur les complications possibles qu'on peut éviter avec des gestes simples : kératite d'asséchement en cas de paralysie partielle de la face (paupières non fonctionnelles), déshydratation possible (comment vérifier, comment parer à cela, possibilité d'injection de solution glucosée chez le vétérinaire), etc. J'en parle car les vétos vus avaient oublié de me prévenir de ces joyeusetés possibles :/ (et donc une de mes rates a frôlé l'énucléation à cause de ça).

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Pour la déshydratation on en parle pas déjà dans un autre article ?

 

Si oui, peut-être juste un lien serait suffisant nan ?

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Je pense qu'on peut facilement faire un petit paragraphe à la fin sur "pensez aussi à tous les aspects des soins palliatifs" comme ce que mentionne hamadryade, les difficultés à tenir la nourriture dans ses pattes en cas d'ataxie, etc., c'est pas hors sujet et on peut le dire vite ! (Pas le temps, là, mais demain ^^)

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Je le trouve vraiment bien cet article. Tout y est, c'est très clair et pas trop compliqué.

 

J'ai traité une rate à la cabergoline (entre autres) pour une tumeur hypophysaire, si ça intéresse, je peux réecrire un petit journal de bord de son traitement, avec vidéos.

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ce serait pas mal intéressant oué!! :)

à la limite consacres y un topic et fais le suivre en continu, on le mettra en lien à la fin de l'article ;)

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Je ne sais pas si ça peut servir mais j'ai des photos de l'oeil d'Erratum après une paralysie de la face (un seul côté, non remarquée tout de suite :/ ) :

 

 

 

Etat de son oeil après sécheresse (se remarque au début par un oeil non plus brillant mais mat).

Il est brillant sur la photo car je venais juste de l'hydrater par un gel oculaire (le sérum phy étant insuffisant pour une hydratation durable de la cornée, je l'ai appris au dépens de son oeil :( ) :

090914034839380204448004.jpg

 

Après 15jours de soins (collyre antibio, gel oculaire, atropine) :

 

090925061539380204521830.jpg

 

090925061539380204521829.jpg

 

 

 

 

 

Vidéo d'Erratum avec syndrôme vestibulaire (AVC ou tumeur hypophysaire sont les hypothèses avancées par la vétérinaire ; bonne réponse aux corticoïdes) :

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ce serait pas mal intéressant oué!! :)

à la limite consacres y un topic et fais le suivre en continu, on le mettra en lien à la fin de l'article

 

en fait, la rate est morte depuis, donc y aura pas de suivi à faire, je peux tout faire dans le même message ;)

j'essaie de vous faire ça dans le courant de la semaine

je fais quoi, un post sur le forum quand même ? un word ? autre forme ?

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arf... désolée pour ta rattoune... :(

et oui plutot un post, le format word va etre ingérable ici :)

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Hello !

 

Super idée, l'article à l'air très bien, j'ai lu le début en détail et par manque de temps je suis allée plus vite sur la fin mais franchement c'est très bien expliqué.

 

Il y a juste un petit passage que je trouve pas clair, ici :

- Minagrobis a un problème pour se servir de ses pattes. Il y arrive mal, ou pas du tout. On parle d'ataxie (problème de coordination fine des mouvements), de parésie ou paralysie (le rat a du mal à ou ne peut plus bouger du tout les pattes). Le plus souvent, cette ataxie est asymétrique (patte avant et arrière du même côté) en cas de problème au cerveau (hémiplégie), seulement à l'arrière en cas de problème de moëlle épinière (paraplégie).

 

De la façon dont c'est écrit, on a l'impression que si le problème vient de la moelle épinière, l'ataxie est asymétrique seulement à l'arrière donc qu'en gros seule une patte arrière déconne.

La moelle épinière peut être touchée à différents niveaux. Si elle est endommagée entre le cerveau et les pattes avant, alors il y aura une ataxie généralisée aux 4 pattes. Si le problème survient après les épaules et avant les pattes arrières, alors seules les pattes arrières souffriront d'ataxie. Si en revanche le problème survient après les pattes arrières (par exemple, en tirant fort sur la queue), alors il n'y aura pas de problèmes locomoteurs mais le rat pourra avoir des problèmes pour uriner, déféquer, bouger la queue.

Dans tous les cas, l'un des moyens de savoir à quel point la moelle épinière est endommagée est de pincer la peau (avec une pince) en arrière de la zone supposée lésée : si le rat ne réagit pas en contractant la peau c'est qu'il a perdu toute sensibilité. Dans ce cas la lésion est grave car la zone de perception de la douleur est située très en profondeur dans la moelle épinière (sur la face ventrale de la moelle épinière donc en direction du ventre de l'animal), donc en gros la moelle épinière est totalement coupée/ compressée ou presque. Si par contre l'animal a toujours une sensibilité, alors la lésion est plus superficielle (mais par forcément de meilleur pronostic, tout dépend de la cause du problème).

 

 

Concernant les infections bactériennes, elles peuvent être virales, mais à mon avis l'agent viral est rarement une cause primaire de problèmes neurologiques. Il permet plutôt le développement d'une infection bactérienne entraînant les symptômes.

 

En recherchant dans un devoir de virologie que j'ai fait sur les virus des rongeurs et lagomorphes (devoir où je recensais tous les virus connus des rongeurs et lagomorphes), le seul que j'ai trouvé pouvant entraîner des symptômes neurologiques est celui ci :

 

26. Kilham rat virus (KRV)

 

Maladie : Le virus Kilham du rat est un parvovirus responsable d’une maladie spécifique du rat.

Epidémiologie : La contamination se fait suite à une exposition à de l'urine infectée, à de la porphyrine, à du lait maternel et enfin via la barrière placentaire.

Caractère zoonotique : Ce virus n’est pas agent de zoonose.

Symptômes : Ce virus passe le plus souvent inaperçu puisque dans la majorité des cas, les symptômes sont une résorption d'embryons, des bébés mort-né ou encore de petites portées. Rarement, ce parvovirus est évident et provoque une infertilité, un manque de coordination des mouvements (dommages congénitaux), une jaunisse.

Diagnostic : Un examen sérologique est possible.

 

Il faut peut être préciser dans le paragraphe sur les infections bactériennes qu'il est important de choisir un antibiotique qui passe la barrière hémato-encéphalique. Ce n'est de loin pas le cas de tous les antibiotiques, j'essayerai de chercher la liste des familles d'antibios qui pénètrent dans le cerveau.

 

 

Après, il peut être intéressant de rajouter une liste des autres problèmes neurologiques "courants" connus chez le rat, histoire de pouvoir faire un diagnostic différentiel :

- Traumatisme au niveau de la moelle épinière

- Epilepsie

- Dégénérescence idiopathique (=cause inconnue) de la moelle épinière chez les rats âgés

 

Euhm, j'en oublie peut être / certainement ^^, je vous laisse compléter !

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Oui tu as raison la phrase n'est pas claire. J'ai voulu exprimer qu'en cas de problème à la moëlle, il y a souvent une limite entre les zones non affectées et les zones affectées du corps qui est plutôt de type "avant / arrière", tandis que pour les problèmes de cerveau c'est plutôt une limite "gauche /droite" ; mais je n'ai pas osé utiliser coupe transverse / coupe sagittale (qui serait la manière la plus précise de le dire) car c'est quand même du vocabulaire spécialisé donc pas explicite pour tout le monde je pense. Je vais essayer de retravailler la formulation (quitte à faire un dessin).

 

Je crois que j'ai noté les causes traumatiques pour les problèmes de moëlle, ainsi que les dégénerescences dues à l'âge, l'épilepsie est à ajouter comme cause primaire (je ne l'ai indiquée que comme symptome associé sous forme de crise épileptiforme). Pour les infections virales / bactériennes j'ai déjà noté que les bactériennes étaient plus graves, je peux aussi noter qu'elles sont plus fréquentes par rapport aux virales. Bonne remarque pour les antibios passant la barrière hémato-encéphalique même si pour le coup elle va surtout concerner le véto, plus que le propriétaire du rat qui cherche à s'informer avant la consult.

 

Merci pour toutes ces suggestions :)

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Une nouvelle mouture prenant en compte les remarques d'hamadryade et de Théoraux.

Si ça convient à tout le monde, l'article passe dans le grand bain ce soir (ça a assez traîné !)

 

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Syndrôme vestibulaire et atteintes neurologiques

Causes, diagnostic et traitement des problèmes neurologiques chez le rat

 

Le rat Minagrobis a la tête qui penche d'un côté. Il se casse la margoulette, il tourne en rond, bref : il y a un truc qui cloche. On appelle ça "le syndrôme vestibulaire". Vous foncez sur votre forum préféré, vous faites une recherche et vous trouvez : "otite ou AVC". C'est plus ou moins exact et plus ou moins efficace. Nous vous proposons ici une analyse plus détaillée des symptômes, des causes possibles et des traitements.

 

Le syndrôme vestibulaire n'est pas le seul problème neurologique dont peut souffrir Minagrobis. La neurologie est la discipline médicale qui s'intéresse au système nerveux : les centres nerveux (cerveau, moëlle épinière) et les nerfs eux-mêmes. Les autres problèmes pouvant toucher ces organes (avec ou sans syndrôme vestibulaire associé) sont également traités ici.

 

1. Les symptômes qui alertent

 

- Minagrobis a la tête penchée d'un côté. Cela peut être plus ou moins flagrant. Si vous avez un doute (vous avez l'impression que ça penche, mais vous n'êtes pas sûr), observez-le plusieurs fois à quelques minutes d'écart à chaque fois, et demandez-vous si vous avez l'impression que c'est toujours du même côté : si la réponse est oui, cela va dans le sens d'un problème. (Sinon, il est bien possible que vous paniquiez pour rien : Minagrobis ne porte pas de minerve, sa tête n'est pas toujours pile poil verticale !)

 

- Minagrobis a un problème pour se servir de ses pattes. Il y arrive mal, ou pas du tout. On parle d'ataxie (problème de coordination fine des mouvements), de parésie ou paralysie (le rat a du mal à ou ne peut plus bouger du tout les pattes). La ou les pattes touchées peuvent renseigner sur la nature du problème :

* tétraplégie / ataxie généralisée aux quatre pattes, cela indique un problème de moëlle épinière au niveau plutôt cervical (entre le cerveau et le passage des nerfs contrôlant les pattes avant) ;

* hémiplégie / ataxie asymétrique (un seul côté touché, par exemple : patte avant et arrière gauche), ce sera plus souvent un problème cérébral ;

* paraplégie / seules les pattes arrières sont touchées, la moëlle est à nouveau soupçonnée mais avec une lésion plus basse (dorsale ou lombaire). Une incontinence urinaire et/ou fécale sera assez souvent présente dans ce cas ;

* seulement les deux pattes avant (souvent associé à une paralysie faciale) : problème cérébral ; les lésions de la moëlle touchant toujours tout ce qu'il y a en aval de la lésion, en cas de problème médullaire si les pattes avant sont touchées les pattes arrière le seront aussi.

 

- Minagrobis a des problèmes d'équilibre. Il tourne en rond sur lui-même, se déplace en cercle, se casse la figure sur un côté quand il se déplace, ne peut pas se tenir debout. Il peut également être désorienté, c'est-à-dire qu'il a l'air de ne pas trop savoir où il est, où aller, ne vient pas vers vous quand vous l'appelez.

 

- Les yeux de Minagrobis font des mouvements bizarres. Ses pupilles font une sorte de balayage, de droite à gauche ou de haut en bas, régulier et incontrôlé. On appelle cela un nystagmus. C'est le mouvement que font vos yeux par réflexe quand vous regardez par la fenêtre d'un train - mais quand on n'est pas en train de regarder par la fenêtre d'un train, ce n'est pas normal. Ce signe est difficile à voir pour un néophyte, c'est le plus souvent le vétérinaire qui pourra le remarquer. Il est également possible que Minagrobis voie double (diplopie), mais il ne pourra pas vous le dire et ce n'est pas facile à vérifier.

 

- Minagrobis n'a plus très bien conscience de son corps. Par exemple, il ne réagit pas quand vous lui pincez une patte (trouble de la sensibilité), ou ne remet pas sa patte en place si vous la pliez (trouble de la proprioception). Ce test, réalisé précautionneusement avec une pince à différents endroits, peut d'ailleurs permettre au vétérinaire de "localiser" grossièrement une possible lésion de la moëlle épinière et d'évaluer sa gravité.

 

- Une crise d'épilepsie (ou épileptiforme, "qui ressemble à de l'épilepsie") peut se produire, de même que des spasmes musculaires incontrôlés (on parle notamment de myoclonies ou fasciculations). L'épilepsie peut aussi bien être une cause primaire, qu'une conséquence de problème neurologique.

 

D'autres symptômes plus ou moins repérables par un humain lambda peuvent exister, mais ceux-là sont les plus courants et les plus faciles à repérer. Ils ne sont pas forcément tous présents. Un seul d'entre eux suffit à soupçonner voire caractériser un problème neurologique. Les causes possibles sont nombreuses, et dépendent de l'endroit touché.

 

2. Système nerveux central : le cerveau

 

Les symptômes neurologiques peuvent être causés par un problème touchant le cerveau au sens large c'est-à-dire encéphale, cervelet, glandes, système vasculaire irriguant ces organes.

 

2.1. Accident vasculaire cérébral (AVC)

 

Le système vasculaire est composé de deux types de vaisseaux : les artères, qui portent le sang oxygéné et les nutriments aux organes, et les veines qui ramènent le sang utilisé par ces organes. Différents problèmes peuvent les toucher et causer des symptômes :

 

- L'obstruction d'une artère. La zone normalement irriguée par cette artère ne l'est plus ou plus suffisamment, elle manque d'oxygène, c'est l'ischémie. Différentes choses peuvent boucher une artère : un caillot de sang (thrombose) s'étant formé sur place ou ayant migré depuis une autre partie du corps à travers le système veineux, des plaques de graisses et de débris cellulaires calcifiées (athéromes), des amas cellulaires anormaux causés par des cancers (syndrôme paranéoplasique).

 

Les thromboses se forment pour deux raisons principales : l'immobilisation (le sang stagne et donc coagule, notamment dans les membres : a priori très rare chez le rat) et les troubles du rythme cardiaque (fibrillation auriculaire : une oreillette du coeur ne se contracte pas correctement, le sang stagne dans le coeur et un caillot se forme). Les chirurgies et les chutes peuvent également causer des thromboses.

 

Les athéromes sont liés à une mauvaise hygiène de vie : alimentation trop salée ou trop grasse (vous nourrissez Minagrobis avec trop de restes de votre assiette, plats cuisinés, pizzas et autres cochonneries mauvaises pour vous et pour lui), tabagisme passif (vous fumez dans la pièce où vit Minagrobis, très mauvaise idée, et pas seulement pour ses poumons). Pour cette raison, peu d'AVC sont documentés chez le rat de laboratoire, alimenté sainement, mais on peut craindre que nos domestiques soient davantage touchés par le problème !

 

- L'obstruction d'une veine. A ma connaissance, elle est rarissime dans les veines du cerveau.

 

- Une hémorragie. Un vaisseau du cerveau ou autour du cerveau se met à saigner. Parmi les causes possibles, on retrouve l'hypertension, la rupture d'anévrisme (dilatation de la paroi d'un vaisseau qui se rompt brutalement), les traumatismes (choc à la tête), les malformations du système artério-veineux (shunt).

 

Tous les accidents vasculaires cérébraux sont des urgences médicales absolues. Chaque heure compte.

 

En médecine humaine, le diagnostic repose à la fois sur l'examen clinique et sur des examens complémentaires : biologie (plaquettes, éléments liés à la coagulation, oxygène dans le sang) et imagerie (IRM, scanner, angiographie). Ces examens ne sont évidemment que rarissimement disponibles pour le rat.

 

Le traitement repose sur l'administration de vasodilatateurs (souvent appelés "oxygénateurs du cerveau") : papavérine et vincamine. Les vétérinaires évitent les anticoagulants, probablement trop difficiles à doser chez le rat (risque d'hémorragie iatrogène), sans compter qu'en l'absence d'imagerie, on ne saura pas faire la différence entre AVC ischémique et hémorragique (et mettre un anticoagulant sur une hémorragie est une mauvaise idée). Il est possible de corriger un trouble du rythme cardiaque identifié à l'occasion d'une suspicion d'AVC par des médicaments (benazepril, atenolol ?). En ce qui concerne l'hygiène de vie, il n'est jamais trop tard pour arrêter de fumer dans la pièce des rats et pour les nourrir plus sainement.

 

2.2. Infections

 

Le cerveau, comme tous les autres organes, peut être touché par des virus ou des bactéries : méningites (inflammation des méninges, membranes protectrices du système nerveux), encéphalites (inflammation du cerveau lui-même). Ce sont beaucoup plus souvent des bactéries que des virus (mais un virus peut fragiliser l'animal et favoriser le développement d'une infection bactérienne). Malheureusement, les infections bactériennes sont souvent beaucoup plus graves. Chez l'humain on les confirme par une ponction lombaire, mais je ne crois pas que cela se pratique chez le rat... Le traitement repose sur des antibiotiques si la cause bactérienne est supposée. L'antibiotique doit être choisi parmi les molécules qui peuvent quitter le système sanguin pour pénétrer dans le cerveau ("passer la barrière hémato-encéphalique"), ce n'est pas le cas de tous mais votre vétérinaire devrait y veiller.

 

2.3. Tumeurs et cancers

 

Il existe une multitude de cancers et cela dépasse le champ de cet article. Un cancer, localisé n'importe où, peut causer des amas métastatiques qui vont venir boucher des artères (cf. 2.1), on parle de syndrôme paranéoplasique (néoplasie = cancer, para = autour, donc "syndrôme qui accompagne un cancer"). Des tumeurs de différentes natures sont susceptibles de se développer n'importe où dans le cerveau, c'est un domaine très pointu et très spécialisé.

 

Toutefois, il nous paraît important de mentionner un cas particulier, a priori fréquent chez le rat et qui peut être impliqué dans les syndrômes vestibulaires et d'autres signes neurologiques : la tumeur de l'hypophyse. L'hypophyse est une glande endrocrine (qui sécrète des hormones à l'intérieur du corps), situé au coeur de la boîte crânienne, à peu près à la jonction entre le lobe temporal et le tronc cérébral. Sa localisation interdit évidemment la chirurgie chez le rat, mais on a quelques retours d'expérience sur l'emploi de cabergoline ayant ralenti l'évolution de ces tumeurs. (L'hypophyse sécrète notamment de la prolactine, hormone sexuelle, ce qui expliquerait qu'une même molécule puisse avoir un effet sur les tumeurs mammaires et les tumeurs de l'hypophyse. La cabergoline inhibe la production de prolactine).

 

La tumeur de l'hypophyse est fréquemment évoquée par les vétérinaires devant des symptômes neurologiques.

 

 

3. Système nerveux périphérique

 

Dans ce cas, c'est l'oreille interne qui est touchée, ce qui explique notamment les problèmes d'équilibre associés. La cause principale de syndrôme vestibulaire périphérique est l'otite. Une mauvaise odeur se dégageant de l'oreille, ou une atteinte associée de la sphère ORL (nez qui coule, toux, bruits respiratoires) peuvent orienter sur cette piste, mais ils ne sont pas obligatoires. Dans ce cas, des antibiotiques seront prescrits.

 

D'autres causes sont envisageables : tout ce qui se trouve entre le cerveau (en aval des noyaux vestibulaires, région du cerveau qui contrôle l'oreille au sens large : audition et équilibre) et l'oreille peut être touché. Le nerf auditif (également appelé nerf cochléo-vestibulaire) peut par exemple être atteint (inflammation, démyélinisation c'est-à-dire altération de la gaine qui entoure le nerf, tumeur : neurinome de l'acoustique...).

 

 

4. Système nerveux central : la moëlle épinière

 

On sort du cadre du syndrôme vestibulaire ici, mais cela représente une autre famille de problèmes neurologiques qui peuvent également atteindre le rat.

 

En cas d'atteinte de la moëlle épinière, c'est essentiellement le train arrière qui sera touché, avec toutes les fonctions qu'il abrite : motricité, sensibilité, contrôle de la vessie et des sphincters... La moëlle épinière peut souffrir ou être lésée pour différentes raisons :

 

- Un traumatisme (chute) ayant causé un oedème, un hématome, une hémorragie, une fracture...

- Une hernie discale (le disque, petit coussin qui sépare deux vertèbres, est abîmé et ne remplit plus son rôle protecteur pour la moëlle et les vertèbres). Le disque peut être déchiré, rompu, partiellement ou totalement expulsé.

- L'arthrose des vertèbres, ou différentes déformations des vertèbres comme le bec de perroquet ;

- L'embolie fibro-cartilagineuse : le système vasculaire irriguant la moëlle est bouché quelque part suite au détachement et à la migration d'un bout de cartilage d'une vertèbre, la moëlle n'est plus irriguée en aval.

- Des tumeurs locales sont probablement possibles. La tumeur hypophysaire peut également se traduire par des symptômes touchant la même zone.

 

Il n'y a pas grand-chose à faire. La gravité des symptômes et la possibilité de préserver ou non la qualité de vie du rat doit guider la décision. Si les symptômes sont assez légers, il est possible suivant les cas d'améliorer la situation avec des anti-inflammatoires et/ou de la kinésithérapie (mobilisation passive, natation...).

 

 

5. Diagnostics, traitements, évolution

 

Nous les avons déjà évoqués dans les sections précédentes suivant les cas, en voici un résumé en forme de conclusion.

 

Il n'y a pas vraiment de règle générale étant donné la variété des causes possibles. Les examens complémentaires sont le plus souvent impraticables. Souvent, en plus de l'examen clinique, le vétérinaire retiendra des hypothèses de fréquence (il traitera par exemple avec des antibios et des vasodilatateurs pour couvrir un maximum de causes probables). Il vous parlera, comme nous, d'otite ou d'AVC : sachant que c'est peut-être inexact mais pédagogique et suffisamment parlant, disons qu'il s'agit de vulgarisation, qui ne change rien aux options thérapeutiques.

 

Suivant la cause, la gravité des symptômes initiaux, la rapidité de réaction pour consulter, le rat atteint pourra se remettre (avec ou sans séquelles), vivre quelques temps avec des soins palliatifs, ou malheureusement, décéder rapidement ou être euthanasié. Dans le cas de séquelles ou de maladie évolutive incurable, des traitements symptômatiques palliatifs, destinés à améliorer la qualité de vie du rat, sont possibles. Par exemple, des antivertigineux (acetyl-leucine) ont récemment été employés avec succès pour un rat qui souffrait de problèmes d'équilibre de cause indéterminée. Des anti-inflammatoires (cortisone, meloxicam) peuvent être utilisés contre la douleur ou pour tenter de réduire un oedème ou une inflammation soupçonnée.

 

Il faut également bien veiller à tous les symptômes secondaires qui pourrait découler de l'atteinte initiale, et les compenser au mieux. L'ataxie peut empêcher le rat de tenir sa nourriture dans ses mains, dans ce cas il faudra l'aider à se nourrir, lui proposer une alimentation humide en surveillant parallèlement la pousse des dents. Certaines paralysies faciales peuvent avoir des conséquences sur la fermeture des paupières et donc des yeux : veillez bien à l'hydratation des yeux (sérum phy, pommade ophtalmologique prescrite par le vétérinaire). Dans les cas les plus sérieux, il est possible de coudre la paupière sous anesthésie générale, de manière à préserver l'oeil et éviter douleur et surinfection. Un rat atteint d'un problème neurologique aura aussi souvent des difficultés à se nettoyer, aidez-le pour sa toilette et veillez à son hygiène, notamment l'état de la peau de son bas-ventre (cf. article sur la vieillesse).

 

Il est recommandé de consulter son vétérinaire sans tarder en cas d'apparition de symptômes neurologiques, en particulier s'ils sont apparus brutalement : pour une partie des causes évoquées, les chances de survie et de récupération chutent très rapidement dans le temps, il est impératif de consulter dans les heures qui suivent. Au "pire", ce n'était pas grave (cela arrive aussi que ce soit une broutille !) ou il n'y aura rien à faire, mais vous n'aurez pas risqué de passer à côté de quelque chose de faisable.

 

Ah, au fait, vous vous souvenez de Minagrobis, qui avait la tête penchée ? Il avait juste un torticolis !

 

***

 

Je sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve qu'il envoie du gros bois cet article. (Oui, je m'envoie des fleurs, faut bien que quelqu'un le fasse ^^)

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Je crois qu'on ne t'a pas assez remercié pour ce remaniement :)

C'est parfait.

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