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vltava

Conséquences de l'absence de matériel pour faire un nid

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Analyse d'un article un peu ancien suite aux débats de cet été sur la gestion de la mise bas et la mise à disposition de matériel pour faire un nid.

 

ARTICLE :

Dysfunctional nurturing behavior in rat dams with limited access to nesting material: a clinically relevant model for early-life stress.

Yvy A.S. et al., 2008, Neuroscience, 154,3, 1132-42

 

RÉSUMÉ

Buts

Déterminer les conséquences d’un milieu ne permettant pas aux rates de faire un nid faute de matériel entre J2 et J9 post-naissance.

 

Méthodes

Etude contrôlée, en ouvert (les chercheurs connaissent le groupe dans lequel sont les femelles)

16 rates SD. (ce n'est pas beaucoup)

Les mesures sont effectuées chez les mères : marqueurs sanguins (taux de corticostéroïdes, de corticolibérine, de vasopressine), poids du thymus et des surrénales (ce sont des témoins de stress) et étude du comportement (Elevated plus maze et open field). (tests classiques qui étudient le temps passé par l'animal en espace découvert ce que les rats n'aiment en général pas beaucoup)

Hébergement standard (vivarium, cycle jour/nuit de 12h, eau et bouchons ad libitum) jusqu’à J2.

À J2, harmonisation des portées à 12 ratons et répartition des ratons entre les femelles.

Mise en place de 2 groupes : groupe dans des cages avec un sol grillagé surélevé et 1 serviette en papier et groupe contrôle avec des copeaux stérilisés. (donc grille, pas de copeaux et 1 serviette ou copeaux et pas de serviette)

J9 sacrifice des mères utilisées pour la mesure de témoins de stress.

J10 sacrifice des mères utilisées pour les tests comportementaux d’anxiété.

 

Résultats

La quantité et la qualité des soins aux ratons ont été profondément influencées par la restriction des matériaux de nidification : diminution de l’activité de léchage et de toilettage et augmentation de la fréquence de délaissement des ratons avec des interactions fragmentées entre les mères et les petits.

Le comportement anormal des mères a été accompagné par une augmentation de l'anxiété mesurée par le test open field, mais pas dans le test Elevated plus maze. De plus les taux sanguins de corticostérone et poids des surrénales ont augmenté chez les mères, ce qui suggère un stress chronique. À la fin de la période de stress la CRH était diminuée alors que les taux de vasopressine n’étaient pas significativement affectés.

 

Conclusion

Limiter la possibilité pour les rates de construire un conduit à un comportement anormal probablement en raison d'un stress chronique et d’une anxiété légère chez les mères. Parce que le comportement maternel fragmenté et aberrant provoque un stress chronique chez les petits, limiter la possibilité de construire un nid est un outil utile pour étudier les mécanismes et les conséquences d’un tel stress au début de la vie des ratons.

 

APPLICABILITÉ

Ce qui est testé ici c’est plus le modèle que le résultat de l’étude.

Le stress et ses conséquences comportementales (quantitatives et qualitatives) sont mis en évidence chez les mères, mais les conséquences pour les ratons eux-mêmes ne sont pas étudiées. Elles sont supposées exister et devoir faire l’objet d’études ultérieures grâce à ce modèle.

Il semble que les troubles disparaissent si l’on fournit à nouveau de quoi faire un nid.

 

Pour nous, cela confirme que nous devons fournir de quoi faire un nid à nos rates sous peine de les stresser et de modifier défavorablement leur comportement maternel.

Il y a plus de paramètres dans l’article mais je ne pense pas que rentrer dans les détails soit utile.

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Merci Vltava, c'est vrai que c'est un sujet qui avait été discuté et même si de base ça me paraissait naturel de leur laisser quelque chose pour faire un nid, c'est bien de voir que ça semble vraiment aller dans ce sens.

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Merci pour cet article Vltava :)

 

Peut-on en déduire que ne mettre QUE du sopalin mais pas de litière dans les cages de maternité peut stresser la mère ? (moins que si elle n'avait rien mais plus que si elle a de quoi bien les emmitoufler)

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Merci pour cet article Vltava :)

 

Peut-on en déduire que ne mettre QUE du sopalin mais pas de litière dans les cages de maternité peut stresser la mère ? (moins que si elle n'avait rien mais plus que si elle a de quoi bien les emmitoufler)

 

Je pense que c'est un tout.

Une mère se sentira mieux si elle peut creuser un peu la litère pour planquer la portée (et lui tenir chaud) que si elle est "sur le béton" comme on dirait pour les chevaux, avec une seule feuille de Sopalin.

 

A titre de comparaison, à la maison les dindes ont un rouleau d'essuie-tout dans la cage à dispo en plus du drybed en double, des hamacs polaires morts recyclés en dodos et du reste... Elles utilisent au moins un rouleau par semaine (je dis au moins car je limite à 1 rouleau mais souvent elles l'ont fini en 3-4 jours). Alors une mère avec une seule malheureuse feuille pour la semaine et rien d'autre.... :(

 

Je pense que le volume de matériau à disposition est très important. Il existe des litières genre mouchoirs en papier déchiquetés utilisées en labo, je pense que si ce type de litière est utilisée seule avec un volume suffisant, il n'y a pas de stress (mais ce n'est que mon opinion, je n'ai pas fait d'étude).

Il peut peut-être aussi y avoir le facteur nouveauté : une rate habituée à sa litière quelle qu'elle soit ne va pas aimer un changement surtout dans une période "tendue".

Si dans un moment d'égarement je devais faire une portée avec une de mes rates, je pense que je garderais le drybed en cage de maternité car elles ont l'habitude, c'est "normal" donc pas stressant, et je rajouterais de l'essuie-tout. Je ne passerais pas au tout essuie-tout ou papier-toilette.

 

Il me semble que j'ai un article sur la souris litière vs. litière + sopalin et que la dernière option est mieux. Il faudrait que je le retrouve.

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Pour la portée de Pâtàpain, j'avais retiré la litière car je voyais qu'elle faisait des dômes énormes autour des ratons, et nombreux ratouphiles m'avaient alertés sur le risque d’étouffement des ratons. Ce risque est-il réel ? J'en ai beaucoup discuté autour de moi et j'ai eu autant d'avis pour que contre...

 

A l'avenir, j'utiliserai de la litière de carton, cette dernière n'étant pas du tout compacte, je pense que le risque est vraiment moindre et comme tu dis, c'est loin d'être agréable pour la mère de dormir sur le plastique du bac de la cage :/ et certainement plus stressant que si elle conserve a minima ses habitudes.

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Franchement j'ai jamais eu aucun souci même avec les dômes de litière. Généralement ce sont les mères plus stressées qui ont tendance à faire des châteaux et à enterrer les ratons. Ça aide déjà pas mal de "respecter" ce stress en essayant d'être le plus invisible possible et de les mettre dans le plus grand calme. Ensuite les laisser faire en surveillant de très loin.

 

J'ai déjà mis des demi spoutnik (la partie la plus grande). C'est pas dangereux pour les ratons, et ça fait un abris pour la mère qui nous laisse quand même de quoi regarder. Je trouve ça pas mal en complément du reste sur des rates qui sont stressées.

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Dysfunctional nurturing behavior in rat dams with limited access to nesting material: a clinically relevant model for early-life stress.

Yvy A.S. et al., 2008, Neuroscience, 154,3, 1132-42

 

RÉSUMÉ

Buts

Déterminer les conséquences d’un milieu ne permettant pas aux rates de faire un nid faute de matériel entre J2 et J9 post-naissance.

 

Méthodes

Etude contrôlée, en ouvert (les chercheurs connaissent le groupe dans lequel sont les femelles)

16 rates SD. (ce n'est pas beaucoup)

Les mesures sont effectuées chez les mères : marqueurs sanguins (taux de corticostéroïdes, de corticolibérine, de vasopressine), poids du thymus et des surrénales (ce sont des témoins de stress) et étude du comportement (Elevated plus maze et open field). (tests classiques qui étudient le temps passé par l'animal en espace découvert ce que les rats n'aiment en général pas beaucoup)

Hébergement standard (vivarium, cycle jour/nuit de 12h, eau et bouchons ad libitum) jusqu’à J2.

À J2, harmonisation des portées à 12 ratons et répartition des ratons entre les femelles.

Mise en place de 2 groupes : groupe dans des cages avec un sol grillagé surélevé et 1 serviette en papier et groupe contrôle avec des copeaux stérilisés. (donc grille, pas de copeaux et 1 serviette ou copeaux et pas de serviette)

J9 sacrifice des mères utilisées pour la mesure de témoins de stress.

J10 sacrifice des mères utilisées pour les tests comportementaux d’anxiété.

 

Résultats

La quantité et la qualité des soins aux ratons ont été profondément influencées par la restriction des matériaux de nidification : diminution de l’activité de léchage et de toilettage et augmentation de la fréquence de délaissement des ratons avec des interactions fragmentées entre les mères et les petits.

Le comportement anormal des mères a été accompagné par une augmentation de l'anxiété mesurée par le test open field, mais pas dans le test Elevated plus maze. De plus les taux sanguins de corticostérone et poids des surrénales ont augmenté chez les mères, ce qui suggère un stress chronique. À la fin de la période de stress la CRH était diminuée alors que les taux de vasopressine n’étaient pas significativement affectés.

 

Conclusion

Limiter la possibilité pour les rates de construire un conduit à un comportement anormal probablement en raison d'un stress chronique et d’une anxiété légère chez les mères. Parce que le comportement maternel fragmenté et aberrant provoque un stress chronique chez les petits, limiter la possibilité de construire un nid est un outil utile pour étudier les mécanismes et les conséquences d’un tel stress au début de la vie des ratons.

 

APPLICABILITÉ

Ce qui est testé ici c’est plus le modèle que le résultat de l’étude.

Le stress et ses conséquences comportementales (quantitatives et qualitatives) sont mis en évidence chez les mères, mais les conséquences pour les ratons eux-mêmes ne sont pas étudiées. Elles sont supposées exister et devoir faire l’objet d’études ultérieures grâce à ce modèle.

Il semble que les troubles disparaissent si l’on fournit à nouveau de quoi faire un nid.

 

Pour nous, cela confirme que nous devons fournir de quoi faire un nid à nos rates sous peine de les stresser et de modifier défavorablement leur comportement maternel.

Il y a plus de paramètres dans l’article mais je ne pense pas que rentrer dans les détails soit utile.

 

Ah c'est chouette merci !

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Merci pour cet article, c'est très intéressant !

 

Ça confirme bien que la maman a besoin de cacher un minimum ses petits pour se sentir en sécurité!

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Le stress et ses conséquences comportementales (quantitatives et qualitatives) sont mis en évidence chez les mères, mais les conséquences pour les ratons eux-mêmes ne sont pas étudiées. Elles sont supposées exister et devoir faire l’objet d’études ultérieures grâce à ce modèle.

 

Je suis désolée, j'ai pas trop le temps de faire des recherches, quelqu'un avait cherché les éventuels études menées sur les conséquences de l'absence de nid sur les ratons, comme c'est évoqué dans l'étude?

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J'ai des choses sur l'impact du stress maternel à court et long terme sur les ratons, mais pas spécifiquement sur l'absence de matériaux de nid. En fait, tout stress va jouer sur la programmation de l'axe hypothalamo-hypophysaire, sur l'hippocampe, sur les récepteurs aux glucocorticoïdes. Mais si tu me demandes une étude spécifique sur le stress créé par l'absence de matériaux de nids j'ai pas sous le coude. Vu le corpus sur les stress neo-nats et leurs impacts j'ai tendance à supposer qu'il y a directement une conséquence sur les petits, au moins sur leur propre réponse au stress.

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Oui, c'était à voir si queqlqu'un a cherché des études. Après, maman stressée, ratons stressés souvent, ou au moins quelqu'uns, ça se vois très très bien sur les portées je trouve.

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Je n'ai pas fait la biblio non, mais je vais rajouter ça sur ma liste (mais je vous préviens elle est déjà longue donc ça ne sera probablement pas pour tout de suite ;) )

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Super Vltava, merci beaucoup!!

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Bon j'ai fait un peu de biblio.

J'ai surtout trouvé des papiers sur des tests liés à l'absorption de diverses substances chez la mère et leur conséquence ou alors des études dans des modèles pathologiques.

Le truc le plus approchant quand même (concernant le nid) :

Stern J.M., Lonstein, J. S., Nursing behavior in rats is impaired in a small nestbox and with hyperthermic pups, Dev Psychobiol, 1996, 29, 109-22

Je n'ai pas accès au full text, je vous livre donc l'abstract tel quel :

The supine nursing posture, which occurs increasingly as growing pups initiate nursing from their recumbent dam, was demonstrated to require more space than that provided in earlier studies of mother-young contact (e.g., Leon, Croskerry, & Smith, 1978). Further, hyperthermic rat pups were shown to be deficient in eliciting normal nursing behavior. During a 4-hr separation from their dam, 7-day-old rat pups were incubated at 34 degrees C (nest temperature) or at 39 degrees C (WARM). Compared to controls, WARM-litter dams showed increased licking of and hovering over pups and decreased upright crouching, while WARM litters showed decreased nipple attachment and weight gain. On Day 13, similar effects occurred after incubation at 39 degrees C (vs. 34 degrees C), but not at 36 or 38 degrees C. The results stress the need for ethologically meaningful conditions and direct behavioral observations to reveal the importance of pup activity in the mother-young dyad.

 

Ici ce n'est pas tant le matériel pour le nid qui est évoqué que la taille de la cage de maternité qui doit être suffisamment grande ainsi que la température qui ne doit pas être trop élevée.

Sans l'article complet, l'analyse est cependant malaisée. En tous cas les critères sont l'allaitement et la prise de poids, pas les csq psychologiques/le stress.

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Oki, merci beaucoup Vltava!!

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Hyper intéressant merci beaucoup ! :D

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