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Aggie

Articles sur le comportement des rats

Messages recommandés

Je vais éviter de multiplier les sujets, donc voilà quelques articles plus résumé sur les conséquences des expériences des ratons sur leur vie adulte

 

Debiec et Sullivan 2014 :

Intergenerational transmission of emotional trauma through amygdala-dependent mother-to-infant transfer of specific fear

http://www.pnas.org/content/111/33/12222.abstract

Les ratons peuvent apprendre à craindre une odeur simplement par la réception de signaux odorants de peur émis par leur mère (les conclusions sur la reproduction de femelles flippées semblent relativement évidentes : les petits apprennent avant d'être mobiles, et ces souvenirs de peur perdurent).

 

C. Marquez et al. 2013 :

“Peripuberty stress leads to abnormal aggression, altered amygdala and orbitofrontal reactivity and increased prefrontal MAOA gene expression,” Translational Psychiatry, 3: e216; doi:10.1038/tp.2012.144, 2013.

http://www.nature.com/tp/journal/v3/n1/full/tp2012144a.html

L'exposition de ratons prépubères (du 28e au 42e) jour à des expériences stressantes a un effet fort sur le comportement agressif inter-mâles ultérieur (odeur de prédateur + exposition à une lumière forte dans un lieu exposé). Il y a des rats témoins, et des rats exposés à la même expérience mais en temps qu'adultes. Testés à 3-4 mois, ces rats montrent une agressivité augmentée et que les auteurs caractérisent de pathologique : ils continuent à attaquer alors que leur opposant se soumet servilement, visent des parties vulnérables du corps, et attaquent non seulement les rats adultes mais également des petits non menaçants et des animaux anesthésiés. Ils ont une testostérone augmentée, une sociabilité réduite, et des comportements anxieux et de type dépressif. C'est en accord avec la littérature antérieure, mais cela précise la fenêtre temporelle posant problème.

 

Pour finir sur une note moins déprimante, une expérience faite en 1979 et qui a mené à des développements pour les prématurés humains :

http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/40935/title/Rat-Massages-Get-the-Golden-Goose/

Masser avec une petite brosse des bébés rats séparés de leur mère pour simuler le nettoyage fait par celle ci améliore leur survie et leur bien-être

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Super intéressant le 2 ème!

 

Et trop chou le massage de bébés rats!

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Pas une publication scientifique, mais un avis intéressant et controversé, allant contre quasi toutes les recommandations de bonnes pratiques des rateries :

http://rat-breeder-confessions.blogspot.fr/2015/12/when-breeding-goes-wrong.html?m=1

L'auteur (qui est une professionnelle du comportement animal) discute d'abord ce qu'elle percoit du monde du rat américain. Le plus intéressant arrive au 8e paragraphe : l'auteur pense que socialiser intensivement les ratons est contre-productif pour sélectionner les ratons avec le meilleur caractère pour la reproduction future, la socialisation dissimulant des défauts de caractère et permettant la reproduction de ces rats. De ce point de vue, si un raton de raterie bien socialisé et un raton d'animalerie jamais touché ont le même caractère, celui d'animalerie pourrait être plus intéressant pour ce critère (il est adorable malgré tout ce qu'il a vécu). Le raton élevé dans des conditions idéales peut ne pas avoir révélé ses faiblesses parce qu'il n'a jamais été testé. [Note de moi : Les craquages comportementaux tardifs suite à des expériences de l'animal (stress, contact avec des femelles pour les mâles) sont soulignés dans plusieurs publications. Bien entendu dans les publications les auteurs ne s'interessent en général pas aux individus, et à ce qui fait que l'un devienne agressif et pas l'autre. ]. Elle discute les ratons qui ont du mal à se faire à la vie/au groupe chez leur adoptant et qui correspondent donc à ce cas, et aux rats qui restent à la raterie puis sont reproduits, mais dont on ne sait pas du coup ce qu'ils auraient donné avec un autre vécu [NdM : du coup faire reproduire des rats ayant été adoptés hors de la raterie aurait un avantage additionnel ?]

Il y a aussi une discussion sur culling et efficacité de sélection pour l'élevage.

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Je trouve ça très intéressant et très juste comme raisonnement. C'est vrai qu'un rat qui reste à la raterie et connait tout au long de sa vie un seul groupe aura été moins perturbé que celui adopté.

Cependant, un rat qui aurait un caractère un peu "limite" ou "émotif", on le remarque tout de même. Probablement pas si on a 60 rats ou plus, mais quand on a des groupes de taille normale et qu'on s'intéresse à chaque individu, on repère assez rapidement lesquels sont plus émotifs que les autres.

 

Alors c'est clair que dans une démarche de sélection, forcer la "patatisation" d'un rat c'est contre-productif. D'un autre côté, on a quand même des animaux qui sont voués à être là pour la compagnie avant tout. Donc ça se contre-balance.

 

Enfin, dans le fond je suis d'accord, sur la question PURE de la sélection, il vaut mieux voir le caractère "brut" du rat que celui après sociabilisation et éducation.

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C'est extrêmement intéressant. Merci Aggie !

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J'ajoute que si vous avez du temps devant vous, l'ensemble du blog "confessions of a rat breeder" est passionnant.

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Oui, c'est très intéressant, argumenté, et différent de ce qu'on lit d'habitude...

J'étais tombée dessus il y a quelques temps, mais il n'y avait pas grand chose encore, je suis retournée dessus après que tu aies posté le lien, la fréquence des posts est élevée en ce moment, j'espère que ça va durer.

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On en revient toujours au même problème: Avoir des résultats, mais à quel prix.

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Merci pour ces liens !

 

Pour la non socialisation, je suis d'accord sur le côté sélection MAIS d'un autre côté pour moi la socialisation fait partie de mon "travail", si je ne faisais que de la sélection, je me verrais plus comme une "productrice" (un peu comme pour les fruits et les légumes : on ne va que sélectionner ceux qui ont le meilleur rendement). Là pour moi, être éleveur c'est aussi apporter les meilleures conditions de vie, et préparer au mieux les petits, donc les socialiser en fait partie.

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Je pense qu'il y aussi un potentiel temps pour tout: au début on sélection (peut importe quoi) et une fois qu'on est stable, on peut se permettre d’être moins "strict".

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Du recyclage encore...

Sur un autre forum, j'ai vérifié quelques refs sur la transmission sociale des préférences alimentaires chez les rats. Je pense que mon interlocutrice va faire la morte, et l'info est intéressante mais perdue dans un thread qui n'a rien à voir. La voici donc au cas où cela servirait à quelqu'un, parce qu'en fait, elle enfonce les clous sur le cercueil de l'idée que les communautés de rats ont des testeurs de produits toxiques :

Les rats apprennent les préférences mais pas les aversions socialement : des rats mis au contact d'un rat "démonstrateur" qui a l'air de mal se porter (et qui pourrait avoir ingéré un aliment à problème) developpent quand même une préférence pour l'aliment présenté, ce qui corrobore la littérature précédente sur la non transmission sociale des aversions alimentaires chez le rat : http://www.zoores.ac.cn/EN/abstract/abstract3491.shtml

D'autres études montrent qu'une préférence peut se développer et durer longtemps, pour une mise en contact tout de suite après le repas (où donc les effets d'un poison lent n'ont pas eu encore le temps de se développer, ce qui n'est pas terrible d'un point de vue "test" pour l'autre individu). La transmission de l'odeur de l'aliment passerait principalement par l'haleine du démonstrateur, et la préférence se développe même si l'autre rat est inconscient ou mort (mais dans une moindre mesure) : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12882374

https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=http://escholarship.org/uc/item/4fw7m0dk.pdf&ved=0ahUKEwi3477Ip77NAhXDYpoKHccyDC0QFggfMAA&usg=AFQjCNHtTiLat5nLY6llIZ687UUCStKAvg&sig2=xicqCXQnMYj1L_Pe18YRsQ

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1088583/pdf/PB010141.pdf

J'ai privilégié les refs en libre accès sauf la deuxième. La troisième dit qu'ils ont aussi testé sur des rats sauvages et domestiques.

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